Burkina Faso: Refonder l'école pour bâtir la Nation

6 Septembre 2026

A l'occasion de la Journée de l'excellence scolaire (JES) organisée le vendredi 4 septembre 2026, le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, s'est adressé à la communauté éducative. Cette adresse du chef de l'Etat a surtout remis au centre des préoccupations une question qui engage l'avenir du pays : quelle école pour accompagner la transformation du Burkina Faso ?

Dans le contexte de la Révolution progressiste populaire (RPP), l'éducation prend une dimension qui dépasse le seul cadre scolaire. Elle constitue un enjeu de souveraineté. Le Burkina Faso ne peut prétendre à une société juste, à une émergence durable et à une industrialisation à grande échelle sans une école capable de former les femmes et les hommes dont cette transformation a besoin.

Le constat dressé par le chef de l'Etat relève un déséquilibre entre les séries littéraires, scientifiques et industrielles. Cette disproportion interpelle. Les formations dispensées ne correspondent pas toujours aux compétences nécessaires pour transformer nos ressources, développer notre industrie, maîtriser les technologies et créer davantage de valeur sur place.

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Il ne s'agit évidemment pas de dévaloriser les lettres et les sciences humaines. Le pays a besoin d'historiens, de juristes, d'économistes, de linguistes, de journalistes et de spécialistes des sciences sociales autant que de scientifiques et de techniciens. Donc, l'école doit rééquilibrer les parcours et accorder une place accrue aux sciences, à la technique, à la technologie, à l'expérimentation et à la pratique.

Toute l'école burkinabè gagnerait aussi à faire émerger de nouveaux comportements, car la compétence n'a de véritable portée que lorsqu'elle est accompagnée de valeurs. Patriotisme, discipline et sens du devoir doivent retrouver toute leur place dans l'éducation de nos enfants. L'enseignant est reconnu comme un acteur essentiel de la transmission des savoirs et de la construction du citoyen. L'élève, de son côté, doit apprendre que la réussite individuelle prend tout son sens lorsqu'elle contribue au bien collectif. Et c'est aux parents d'inculquer dès le berceau, les bases de ces principes.

Cette refondation concerne également les programmes, les méthodes pédagogiques, les équipements, les laboratoires, les ateliers et la formation des enseignants. Il faut travailler de sorte que l'expérimentation, la recherche et l'innovation s'inscrivent davantage dans le quotidien de l'apprenant. A l'ère du numérique, que les nouvelles technologies soient mises au service de l'apprentissage, de la recherche et de la création, plutôt que de la simple consommation de contenus.

Le Burkina Faso nouveau a besoin de scientifiques, d'ingénieurs, de techniciens, d'agronomes, d'informaticiens, de chercheurs et de professionnels qualifiés. Ces compétences sont indispensables pour mieux valoriser nos matières premières, moderniser notre agriculture, renforcer notre autonomie énergétique et sanitaire et développer notre industrie. Mais il a tout autant besoin de citoyens responsables, disciplinés, patriotes et attachés à l'intérêt général.

L'excellence ne saurait donc se mesurer uniquement aux notes et aux distinctions. Elle se reconnaît aussi dans la capacité d'un jeune Burkinabè à mettre son intelligence, son savoir-faire et ses valeurs au service de la collectivité.

Refonder l'école, c'est préparer les bâtisseurs du Burkina Faso de demain. C'est passer du diplôme à la compétence, de la récitation à l'expérimentation, de la consommation à la production et de l'individualisme à la responsabilité collective. C'est à ce prix que l'éducation deviendra pleinement un moteur de souveraineté, de progrès et de transformation nationale.

Par Assetou BADOH

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