Afrique: L'ONU adopte une réforme de la cartographie proche de la réalité

Salle de réunion de l'ONU

L'Assemblée générale des Nations unies a adopté récemment une résolution encourageant l'abandon progressif de la projection de Mercator, accusée de déformer la taille réelle des territoires, notamment de l'Afrique, au profit d'une cartographie plus fidèle aux proportions du globe. Une décision technique en apparence, mais qui ravive une bataille d'influence entre grandes puissances.

La projection cartographique la plus utilisée dans le monde depuis le 16ème siècle reste celle de Mercator, centrée sur l'Europe. Or, aussi répandue soit-elle, cette représentation déforme considérablement la réalité, plus on s'éloigne de l'équateur, plus les territoires apparaissent artificiellement agrandis. Le Groenland, par exemple, y paraît presque aussi vaste que le continent africain, alors que l'Afrique est en réalité quatorze fois plus grande que l'archipel arctique.

C'est pour corriger cette distorsion que l'Assemblée générale des Nations unies vient d'adopter une résolution appelant à l'adoption de représentations cartographiques plus proches des proportions réelles du globe. « Les cartes ne sont pas de simples outils géographiques. Elles façonnent notre compréhension du monde », souligne Robert Dussey, ministre des Affaires étrangères du Togo, qui a porté cette initiative.

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Concrètement, l'ONU encourage désormais l'abandon de la carte de Mercator au profit d'une projection alternative, sur laquelle les États-Unis apparaissent nettement plus petits, conformément à leur superficie réelle. Les États-Unis sont d'ailleurs le seul pays à s'être opposé au texte ; signe que l'enjeu dépasse largement la seule technique cartographique. Une photographie de 1942 illustre bien cette dimension symbolique : on y voit, derrière le président américain Franklin D. Roosevelt, une carte plaçant les États-Unis au centre du monde.

La Chine, de son côté, a depuis longtemps adopté sa propre cartographie officielle, plaçant son territoire au centre du planisphère et reléguant les États-Unis à la périphérie. Selon les experts, les planisphères sont par définition faux sur le plan technique, puisque la Terre n'est pas plate. Chacun défend donc un peu sa propre projection géographique en fonction de ses revendications politiques, diplomatiques, militaires, économiques. La Russie n'est pas en reste. Le président Vladimir Poutine a décrété que 2027 serait « l'année de la géographie », avec pour objectif la publication de nouvelles cartes officielles russes, conformes à sa propre vision du monde.

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