Le bras de fer entre l'État camerounais et Gruppo Piccini, première entreprise engagée dans le projet du stade d'Olembe à Yaoundé, tourne à l'avantage du constructeur italien. À l'origine du conflit, l'éviction de Piccini du chantier en novembre 2019. Le groupe, qui considère cette rupture abusive, avait porté l'affaire devant une juridiction de recours aux États-Unis. Il réclamait au Cameroun une enveloppe d'indemnisation de 250 milliards de Francs CFA, 381 millions d'euros.
La décision du Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (Cirdi) est datée du 4 septembre. Le Cirdi, juridiction arbitrale dont le siège est à Washington, a condamné l'État camerounais à payer au groupe Piccini la somme de 17 milliards de Francs CFA (FCFA), majorée de différents frais de procédures, qui portent la facture globale à un peu plus de 50 milliards de FCFA - 78,5 millions d'euros - bien loin toutefois des 250 milliards de FCFA réclamés par la partie demanderesse.
Mais c'est une condamnation tout de même pour expropriation illégale. Le Cirdi déclare que l'État camerounais a manqué d'accorder à son ancien partenaire « un traitement juste et équitable ».
Appel et nouvelle procédure
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Cette décision est contestée par l'État camerounais qui a déjà annoncé son intention de faire appel au Cirdi, mais aussi d'ouvrir une autre procédure contentieuse au niveau de la chambre d'arbitrage internationale de Paris. Au-delà du contentieux, ce conflit braque de nouveau les projecteurs sur cette infrastructure, le complexe sportif d'Olembe, qui avait été annoncée comme le projet phare de l'organisation par le Cameroun de la Coupe d'Afrique des nations masculine de football (CAN 2021) qui s'était finalement jouée en 2022. D'un coût initial de 163 milliards de FCFA, ce chantier a connu plusieurs rallonges de budgets.
Huit ans après son démarrage, le stade et les infrastructures annexes ne sont d'ailleurs toujours pas achevés. Et, après Piccini, les travaux avaient été repris par un groupe canadien, lui aussi en contentieux aujourd'hui avec l'État.
Le stade en lui-même n'a accueilli jusqu'ici que deux rencontres officielles : les matches d'ouverture et de clôture d'une CAN 2021 remportée par le Sénégal.