La Côte d'Ivoire dispose d'un potentiel encore largement inexploité auprès des touristes chinois. Pour mieux capter cette clientèle, le pays doit davantage valoriser ses atouts touristiques et adapter son offre aux attentes des Chinois.
C'est l'un des enseignements majeurs de l'intervention de Li Hongfeng, directrice de l'institut d'études africaines de l'université des langues étrangères de Beijing, le 8 septembre, à Beijing.
La question du tourisme chinois s'est invitée au cœur des échanges lors du séminaire de formation consacré à l'amélioration des compétences en communication omni média des jeunes professionnels des médias de Côte d'Ivoire qui séjournent à Beijing du 6 au 22 septembre.
Dans sa communication sur le thème « L'évolution de la Chine dans la vie quotidienne : le peuple au cœur de la gouvernance (1949-2026) », Li Hongfeng a notamment attiré l'attention sur les possibilités qu'offre le marché touristique chinois à la Côte d'Ivoire et, plus largement, à l'Afrique francophone.
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Pour l'universitaire chinoise, l'enjeu ne consiste pas seulement à attirer en Côte d'Ivoire des ressortissants chinois pour les affaires. Le pays doit également se positionner comme une véritable destination touristique.
Miser sur une promotion adaptée au public chinois
Selon Li Hongfeng, la Côte d'Ivoire possède plusieurs atouts susceptibles d'intéresser les voyageurs chinois. Encore faut-il que ces spécificités soient mieux présentées et promues auprès de cette clientèle. « Il y a un grand potentiel à explorer. Il y a une bonne promotion à faire dans les années à venir », a-t-elle relevé.
Dans cette démarche, la collaboration avec les agences de voyages chinoises pourrait constituer un levier déterminant. Ces professionnels qui connaissent les habitudes et les attentes des voyageurs chinois pourraient contribuer à concevoir des offres touristiques plus adaptées.
L'idée serait notamment de sortir d'une approche limitée à une seule destination. Des circuits associant deux ou trois pays africains pourraient ainsi être proposés aux visiteurs chinois, avec des parcours conçus autour de centres d'intérêt clairement identifiés.
Li Hongfeng a évoqué l'intérêt de développer des applications permettant aux touristes chinois d'accéder facilement à des informations sur les destinations africaines, les itinéraires, les activités et les possibilités de déplacement.
Des parcours reliant des villes comme Abidjan et Dakar pourraient, par exemple, être mieux structurés et présentés aux voyageurs grâce à des outils numériques adaptés.
Cette approche répond à une réalité du tourisme contemporain : avant même de prendre l'avion, le voyageur veut découvrir sa destination, comparer les possibilités et préparer son séjour à partir d'informations accessibles.
L'Afrique francophone encore sous-représentée
Si plusieurs destinations africaines sont déjà connues du public chinois, l'Afrique francophone reste, selon Li Hongfeng, peu connue. Elle a notamment présenté des statistiques de 2023 selon lesquelles l'Égypte figurait parmi les principales destinations africaines fréquentées par les ressortissants chinois, avec 16 620 visiteurs sur un total de 29 445 en Afrique. L'Afrique du Sud en a enregistré 2 361.
La culture, outil de rapprochement
Selon elle, la Chine accorde une importance particulière à la connaissance des cultures africaines et à l'apprentissage des langues du continent. Une démarche qui participe, à ses yeux, à une meilleure compréhension des peuples.
Li Hongfeng a notamment souligné que plusieurs œuvres littéraires africaines ont été traduites et publiées en chinois. Ces initiatives contribuent à faire connaître au public chinois d'autres facettes de l'Afrique, au-delà des seules considérations économiques.
Des repères historiques
Dans sa présentation, elle est revenue sur les profondes mutations économiques, sociales et culturelles de son pays. Dans son exposé, elle a notamment insisté sur la place du peuple dans cette évolution et sur l'importance de la solidarité dans la trajectoire chinoise.
Pour clore, la directrice de l'institut d'études africaines de l'Université des langues étrangères de Beijing a encouragé à œuvrer ensemble, tout en rappelant que le peuple, c'est la base. Elle a déclaré que l'amélioration des conditions de vie demeure une priorité. « Il faut, tout en se développant, garantir et améliorer le bien-être de la population. »