Rwanda: Recherche spatiale - Le pays a déjà affiché ses ambitions

Le premier sommet international sur l'espace qui se tient au Grand Palais de Paris ces 9 et 10 septembre rassemble l'ensemble des acteurs du secteur pour discuter des enjeux sécuritaires, économiques et de régulation dans l'industrie et la recherche spatiale. De nombreuses délégations africaines et certains chefs d'État, dont le président rwandais, y sont attendus. Depuis la création de l'agence spatiale rwandaise en 2020, Kigali affiche ses ambitions. L'année dernière, à Rwamagana, le Rwanda inaugurait une station terrestre.

Une antenne de plus de neuf mètres de diamètre qui capte les données satellites : le téléport rwandais permet d'analyser à grande échelle de nombreux paramètres, explique Adelin Kajangwe, directeur de projet à l'Agence spatiale rwandaise : « C'est le travail qu'on fait au quotidien dans différents secteurs, la gestion des catastrophes naturelles, l'agriculture, l'environnement et bien d'autres. »

À côté de l'antenne figure un centre de données ; elles sont ensuite analysées à Kigali par le hub géospatial rwandais. Urbanisation, réserves et qualités de l'eau, fertilité des sols, etc : les informations satellitaires permettent aussi la surveillance de l'évolution climatique. « Les capteurs au sol peuvent être limités dans la zone couverte, mais combinés avec les informations qui viennent des satellites, on peut couvrir une bien plus grande superficie, et obtenir des modèles bien plus précis pour les prévisions météo », ajoute le directeur.

Le Rwanda espère retourner prochainement dans l'espace

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En juin, la station terrestre de Rwamagana, dans l'est du Rwanda, est devenue la première en Afrique subsaharienne à obtenir une certification de l'association mondiale des téléports.

Il s'agit d'une première étape pour de potentielles opportunités, affirme Adelin Kajangwe. « Il y a un volet commercial, qui consiste à proposer nos services aux opérateurs de satellites, ceux dont les missions sont en orbite autour de cette région ou ceux qui se lancent dans des missions vers l'espace lointain, note-t-il. Avoir cette certification leur garantit que nous avons les capacités pour utiliser cette station pour assurer le suivi et le service de ces missions. »

Et les ambitions rwandaises ne s'arrêtent pas au téléport. Après un premier satellite lancé en 2019, Kigali espère retourner dans l'espace au cours des prochaines années.

Après les pionniers - l'Égypte, l'Afrique du Sud, le Nigeria -, de plus en plus de pays du continent investissent dans la course à l'espace, tels que le Rwanda, le Ghana, le Sénégal et bien d'autres. Des efforts également coordonnés par l'Agence spatiale africaine, officiellement inaugurée au Caire en 2025.

Pour Kwaku Sumah, fondateur du SpaceHubs Africa, agence de consultance spécialisée dans le secteur spatial africain, l'enjeu est également celui de la souveraineté de l'industrie spatiale du continent. « Je pense que, pour l'Afrique, l'enjeu est vraiment de maîtriser ses données, sa propre propriété intellectuelle, et ce qui est fait avec les satellites, précise-t-il. Il s'agit aussi d'être le premier à accéder aux données et d'en garder le contrôle. Les pays africains ont beaucoup recours aux données en open source. Ils peuvent continuer à les exploiter, en développant leurs capacités locales. »

Beaucoup d'autres pays africains sont aujourd'hui en train d'émerger. Ce sont eux, en particulier, qui sont encore sur le chemin du développement de leurs capacités et infrastructures, pour pouvoir prendre en main leur propre avenir spatial.

Les données satellitaires sont devenues essentielles pour l'Afrique

Elles offrent de la visibilité sur des zones immenses, parfois isolées et peu peu peuplées.

Les données satellitaires sont utilisées dans le domaine sécuritaire, afin par exemple de surveiller les frontières les déplacements potentiels de groupes armés. Elles sont aussi prisées pour la conservation du milieu naturel et surveiller les mouvements d'animaux ; la déforestation ou encore le braconnage peuvent être ainsi surveillés. Elles sont également très utiles dans le domaine minier ou agricole.

Cependant, obtenir ces images ont un coût et leur exploitation demande de l'expertise. Dans ce domaine, l'Agence spatiale africaine compte jouer un rôle important de coordination. Un développement des services satellitaires sur le continent qui répond également aux grands besoins de connectivité face aux vulnérabilités et à l'absence dans certaines régions de la fibre optique. Autre enjeu : la structuration de la filière.

Si l'Égypte et l'Afrique du Sud ont pris de l'avance avec respectivement 14 et 12 satellites mis en orbite, sur les 70 satellites africains. Le Sénégal, le Rwanda et la Côte d'Ivoire travaillent à l'organisation du secteur avec la création d'agences nationales, de centres de formation etc. Un développement foisonnant qui pose des questions d'efficacité au risque de voir des investissements fragmentés. Mais une dynamique qui repose sur un réel potentiel économique. Le marché spatial africain est évalué à près de 40 milliards de dollars d'ici 2030.

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