Au Nigeria, la campagne en vue des élections générales de janvier 2027 a débuté il y a quelques semaines, et le spectre des violences politiques plane déjà. Ce mardi 8 septembre, le candidat d'opposition Peter Obi, arrivé troisième lors de la présidentielle de 2023, a été empêché de visiter un camp de déplacés internes dans la région de Benue par des jeunes qui avaient bloqué la route. Le gouverneur, qui dément être derrière cette action, a reproché au candidat du parti NDC de ne pas avoir « respecté le protocole » et de ne pas l'avoir prévenu de sa visite.
Selon les observateurs nigérians, cet incident est le signe de tensions particulières autour de cette campagne électorale, depuis que la police a confirmé qu'elle a dû déployer du personnel pour escorter et « protéger » Peter Obi, qui s'est retrouvé bloqué sur la route menant à la communauté de Yelwata, qu'il devait visiter ce mardi 8 septembre.
Des vidéos de l'incident montrent des dizaines de jeunes en train de chanter et de menacer le convoi du candidat à la présidentielle.
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Celui-ci était arrivé mardi matin dans l'État de Benue afin de rencontrer les familles déplacées par les violences récurrentes entre éleveurs et agriculteurs. Plus de 200 personnes ont notamment été massacrées à Yelwata, en juin 2025, une attaque qui a entraîné l'exode de près de 6 500 personnes dans cette zone.
Le NDC dénonce « une obstruction honteuse »
Après le départ forcé de Peter Obi, le Congrès démocratique du Nigeria (NDC) a dénoncé « une obstruction honteuse », qui aurait été orchestrée par le révérend Hyacinth Alia, le gouverneur de l'État de Benue lui-même, selon le parti. Ce dernier, élu du parti majoritaire (APC), a fermement rejeté ces accusations. Le porte-parole du gouverneur a notamment estimé que le candidat d'opposition aurait dû annoncer sa venue pour qu'un dispositif de sécurité soit mis en place.
Quant à Rabiu Kwankwaso, le candidat au poste de vice-président aux côtés de Peter Obi, il a déclaré que « les autorités ne doivent pas oublier que la Constitution garantit la liberté de mouvement ». Il a également demandé aux observateurs étrangers et aux missions diplomatiques de « prendre note » de cet incident, alors que le NDC demande l'ouverture rapide d'une enquête.
Après avoir été empêché de finir sa visite dans l'État de Benue, Peter Obi s'est rendu ce mardi dans l'État de Plateau, où des milliers de personnes ont également dû trouver refuge dans des camps de déplacés internes, à la suite des violences intercommunautaires.