Cote d'Ivoire: Santé mentale - Vers la création d'un observatoire du suicide

10 Septembre 2026

418 suicides et 927 tentatives de suicide. Ce sont les chiffres recensés en Côte d'Ivoire entre 2019 et 2021 par une étude du ministère de la Santé, de l'Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, avec l'appui technique et financier de l'Organisation mondiale de la santé (Oms).

Toujours selon les estimations de l'Oms, le taux de mortalité par suicide en Côte d'Ivoire est de 23 cas pour 100 000 habitants par an. Des données qui témoignent de l'ampleur d'un phénomène encore marqué par le silence et la stigmatisation.

C'est dans ce contexte que l'Unité de recherche clinique de Côte d'Ivoire (Urcci), en appui au Programme national de santé mentale (Pnsm), travaille à la mise en place d'un Observatoire du suicide de Côte d'Ivoire. L'outil a été présenté à l'Institut national de santé publique (Insp) d'Adjamé, le 10 septembre 2026, à l'occasion de la Journée mondiale de la prévention du suicide.

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Pour Dr Joyce Dohou, directrice de l'Urcci, cette initiative répond à un besoin essentiel : celui de disposer de données fiables et centralisées pour mieux comprendre le phénomène et orienter les décisions. « Cet observatoire est une plateforme numérique qui va permettre de collecter et d'analyser des données autour du suicide », explique-t-elle, avant d'indiquer que l'ambition est également d'« informer, alerter et ensuite agir ».

L'originalité du projet réside, selon elle, dans son adaptation aux réalités ivoiriennes, parce que « force a été de constater qu'au niveau de la Côte d'Ivoire, il n'existait pas d'observatoire ».

La plateforme doit ainsi permettre de centraliser les informations provenant des différentes parties prenantes et de produire des données utiles à l'action publique. « On va pouvoir guider les politiques publiques grâce aux données que nous allons pouvoir récolter sur cet observatoire », insiste-t-elle.

Pour Dr Alida Zo, du Pnsm, l'urgence est d'abord humaine, dans la mesure où, face à des chiffres qui placent la Côte d'Ivoire parmi les pays africains fortement touchés par le phénomène, le programme a choisi, à l'occasion de la Journée mondiale, d'aller au contact des populations. « Nous avons voulu écouter la population, nous rapprocher d'elle pour lui parler non seulement de la santé mentale en général, mais de la prévention du suicide », explique-t-elle.

Au-delà de l'Observatoire, le programme mise notamment sur le 143, la ligne verte nationale d'écoute et de prise en charge psychosociale.

Repérage des personnes vulnérables, écoute, orientation et réduction de la stigmatisation constituent les principaux leviers de cette réponse, selon le médecin du Programme national.

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