Luanda — L'architecte et artiste plasticienne angolaise Fineza Teta a souligné, ce jeudi à Luanda, le rôle de l'art, de la culture et de la technologie dans la préservation de la mémoire collective des conflits politiques vécus en Angola.
La spécialiste s'exprimait devant la presse à l'issue de la visite d'inspection effectuée par le Président de la République, João Lourenço, sur le chantier du futur Mémorial, un projet intégré au processus national de réconciliation mené par la Commission pour la mise en oeuvre du Plan de réconciliation en mémoire des victimes des conflits politiques (CIVICOP).
Fineza Teta a qualifié le futur Mémorial aux victimes des conflits politiques d'espace d'éducation et de sensibilisation pour les nouvelles générations.
Elle a expliqué que la conception du Mémorial vise à transmettre l'histoire du pays en conjuguant art, design, technologie et architecture, dans le but de préserver la mémoire des victimes et de permettre aux nouvelles générations de connaître les événements du passé.
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« Tout cela véhicule de la culture, de l'éducation et, surtout, une prise de conscience de notre histoire. L'histoire doit être reconnue », a-t-elle affirmé.
Selon l'artiste plasticienne, l'espace a été conçu pour représenter une Angola renaissante, fondée sur la valorisation de la culture et la préservation de la mémoire de ses ancêtres.
« Alliance éternelle », symbole de réconciliation
Parmi les éléments artistiques du Mémorial, Fineza Teta a mis en avant l'oeuvre intitulée « Alliance éternelle » qui, comme elle l'a expliqué, représente l'étreinte de deux frères, symbolisant ainsi l'union et la réconciliation des Angolais.
L'oeuvre met en scène deux figures humaines enveloppées dans un manteau symbolisant la diversité ethnique et culturelle du pays.
« C'est l'étreinte de deux frères sous une même couverture, ce manteau ethnique qui recouvre toute la nation. Nous y sommes tous représentés », a-t-elle expliqué.
L'artiste a précisé que la composition artistique vise à refléter la diversité culturelle de l'Angola à travers des éléments associés aux différentes régions et aux divers groupes ethnolinguistiques du pays.
À l'intérieur de la structure, un espace muséal et chronologique est prévu pour retracer la période allant de 1975 à 2002, avec des références aux événements marquants de l'histoire politique nationale.
Mémoire des événements
Fineza Teta a indiqué que l'exposition aborderait des événements tels que la proclamation de l'indépendance nationale, les événements du 27 mai et d'autres épisodes jugés déterminants pour comprendre les conflits politiques et leurs conséquences sur la population.
Elle a souligné que l'objectif est de présenter ces événements selon une approche permettant à la fois de préserver la mémoire et de susciter une réflexion sur les erreurs du passé.
À la fin du parcours figure l'arbre «mulembeira», un élément qui, selon la spécialiste, revêt une signification symbolique liée à la mémoire de ceux qui sont partis mais demeurent présents dans le souvenir collectif.
« La transmission du savoir vise à éviter que nous ne répétions les erreurs du passé », a-t-elle souligné.
Le Mémorial aux victimes des conflits politiques a été conçu comme un lieu de réconciliation, de pardon et de valorisation de l'identité culturelle angolaise, s'inspirant de la mémoire collective des conflits qu'a connus le pays entre 1975 et 2002.