Le Centre national de santé mentale (CNSM) de Mélen, dans le 5ᵉ arrondissement de Libreville, tire la sonnette d'alarme. Dans un communiqué diffusé début septembre, l'établissement affirme que ses capacités d'accueil sont aujourd'hui largement dépassées.
Créé en 1995, le CNSM ne compte aujourd’hui que 100 places d’hospitalisation, un nombre qui n’a pas évolué en trois décennies, alors que les besoins n’ont cessé d’augmenter. Cette capacité limitée entraîne une saturation régulière des services.
Des patients dont la prise en charge est achevée, ou suffisamment avancée pour permettre une sortie, restent ainsi hospitalisés faute de pouvoir regagner leur domicile. Ils occupent par conséquent des lits qui pourraient être attribués à des patients nécessitant une prise en charge urgente.
Face à cette situation, la direction du Centre appelle les familles à s'impliquer davantage dans l'accompagnement de leurs proches et à faciliter leur retour progressif au sein du foyer. Le soutien familial, rappelle le CNSM, fait partie intégrante du parcours de rétablissement en santé mentale.
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Au-delà du cas de Mélen, cette situation met en évidence les limites du dispositif psychiatrique gabonais. L’offre de soins reste concentrée dans quelques structures, tandis que les besoins augmentent. Face à ce déséquilibre, l’implication des familles, aussi importante soit-elle, ne peut à elle seule pallier les insuffisances du système.
La situation du CNSM illustre ainsi les défis auxquels reste confronté le Gabon en matière de santé mentale. Au-delà de la mobilisation des familles, l’enjeu est désormais de renforcer durablement les structures de soins et les dispositifs d’accompagnement pour répondre à une demande appelée à progresser.