Une femme attend en moyenne 88 minutes avant sa prise en charge dans les structures sanitaires enquêtées à Korhogo, contre 80 minutes à Boundiali.
Ces résultats, issus d'une étude menée dans huit communes du Projet de développement durable et inclusif des villes secondaires (PDDIVS), ont été présentés vendredi 11 septembre 2026, à Korhogo.
Korhogo, le principal point d'alerte
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Les chiffres présentés lors de l'atelier de restitution du rapport sont sans équivoque. Sur les huit communes couvertes par l'enquête, Korhogo affiche le temps d'attente moyen le plus élevé. Les femmes y patientent en moyenne 88 minutes avant leur prise en charge, dans les dix centres de santé concernés par l'étude.
Boundiali arrive en deuxième position avec 80 minutes d'attente moyenne, sur trois structures sanitaires enquêtées. Dans ces deux communes, la vaccination apparaît comme le principal domaine nécessitant une attention particulière, avec un niveau de priorité jugé élevé.
L'écart avec les autres localités est important. À Man, le temps d'attente moyen est de 38 minutes dans sept centres, avec les consultations prénatales (CPN) comme principal point d'attention. Ferkessédougou enregistre 37 minutes dans sept structures, également avec les CPN au centre des préoccupations.
À Bouna, les femmes attendent en moyenne 33 minutes dans les sept établissements enquêtés. Les consultations postnatales (CPON) constituent le principal domaine d'attention.
Les délais les plus courts sont relevés à Odienné (19 minutes), puis à Ouangolodougou et Tengrela (17 minutes chacune). À Odienné, les CPON constituent le principal point d'attention. À Ouangolodougou, il s'agit de la vaccination, tandis qu'à Tengrela, les CPN sont particulièrement concernées.
Le nombre de centres n'explique pas tout
Réalisée par Dr Abdoulaye Koné et Paul Sibiri Sawadogo, des cabinets Saphir Développement et R.A.S.E.S.P., groupements conjoints chargés de l'étude, l'enquête avait pour objectif d'établir une situation de référence sur le temps d'attente, l'utilisation des services de santé et l'organisation des établissements sanitaires.
Les résultats montrent surtout que le nombre de centres de santé ne suffit pas à expliquer les écarts. Korhogo, qui compte dix structures enquêtées, présente le délai le plus long, alors que d'autres communes disposant de plusieurs centres enregistrent des temps nettement inférieurs.
Pour le directeur départemental de la Santé, de l'Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle de Korhogo 1, le médecin de santé publique Niamien Nyangon-Denis, plusieurs facteurs doivent être examinés.
« Il faut regarder de près les facteurs qui favorisent ces attentes-là et essayer d'agir sur ces différents facteurs », a-t-il expliqué.
Il cite notamment le nombre de patientes reçues, l'organisation des services et la disponibilité des ressources humaines. L'analyse de ces éléments devrait permettre, selon lui, d'identifier les dysfonctionnements et d'améliorer la prise en charge.
Une base pour mesurer les effets du PDDIVS
Pour Simplice Tra Bi, spécialiste en suivi et évaluation du PDDIVS, l'étude constitue une donnée de référence pour mesurer les effets des investissements du projet dans le secteur sanitaire.
Le PDDIVS prévoit notamment la construction, la réhabilitation et l'équipement de centres de santé dans les communes concernées. L'ambition est d'améliorer l'accès aux services sociaux de base et de contribuer à réduire les délais de prise en charge des femmes.
« L'idée, c'est que le projet a pour ambition de réduire le temps d'attente des femmes qui sollicitent les soins de santé maternelle », a-t-il indiqué.
L'étude permettra ainsi de comparer la situation avant et après les interventions du projet. Elle devra notamment aider à mesurer l'impact de la réhabilitation ou de la construction de centres et de la mise à disposition d'équipements supplémentaires.
Agir aussi sur l'organisation des services
Pour les responsables sanitaires, la construction d'infrastructures et l'acquisition de matériel ne suffiront pas à elles seules à réduire les délais.
La répartition du personnel, la gestion des flux de patientes, le nombre de consultations quotidiennes et l'organisation des différents points de prestation devront également être examinés.
L'enjeu est d'autant plus important que, selon Simplice Tra Bi, l'indicateur du temps d'attente des femmes pour les soins maternels n'est pas encore suffisamment renseigné dans le programme national. L'étude réalisée dans les huit communes offre donc une première base de référence.
« En analysant ces facteurs-là, on pourra vraiment agir, améliorer nos prestations et le temps d'attente pour satisfaire vraiment nos populations », a soutenu le directeur départemental de la Santé.
Les résultats de l'enquête constituent ainsi un signal d'alerte pour Korhogo et Boundiali. Ils devraient surtout permettre aux acteurs du secteur sanitaire et au PDDIVS de mieux cibler les actions à mener pour améliorer l'accueil et l'efficacité des soins destinés aux femmes.