Afrique: « Le Virus invisible » - Dominique Tchimbakala analyse la désinformation en Afrique

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Comment la désinformation se propage-t-elle en Afrique, qui manipule-t-elle et pourquoi trouve-t-elle un terrain aussi favorable ? Dans son ouvrage « Le Virus invisible : essai sur la désinformation en Afrique », Dominique Tchimbakala analyse les mécanismes d'un phénomène qui fragilise les institutions, attise les tensions et influence les opinions à l'ère des réseaux sociaux et de l'intelligence artificielle.

Dominique Tchimbakala présentait son ouvrage le 10 septembre à l'Institut français du Congo devant une assistance nombreuse, composée notamment du Premier ministre, chef du gouvernement, Anatole Collinet Makosso, de diplomates, d'hommes de lettres, de journalistes et d'amoureux du livre.

Dans cet essai, la journaliste franco-congolaise, forte de vingt-cinq années d'observation de la réalité africaine, s'intéresse à un phénomène qui dépasse largement les réseaux sociaux : la désinformation comme instrument de manipulation et menace pour les sociétés. Son propos part notamment d'une scène vécue à Kinshasa, en République démocratique du Congo, le 15 décembre 2023, alors qu'elle venait couvrir l'élection présidentielle. Un homme l'interpelle et l'accuse de « désinformer les Africains ». Elle lui répond : « Ah non, monsieur, vous faites erreur ». Une scène qui illustre le climat de défiance auquel les journalistes africains peuvent être confrontés, surtout lorsqu'ils travaillent au sein de grands groupes de presse internationaux ou nationaux.

Au cours des échanges, Dominique Tchimbakala a également insisté sur les mutations technologiques qui donnent aujourd'hui à la désinformation une puissance inédite. Pour elle, les réseaux sociaux et l'intelligence artificielle changent aujourd'hui considérablement les techniques et la vitesse de propagation. « Aujourd'hui, avec les réseaux sociaux, en quelques secondes, une fausse nouvelle peut être diffusée auprès de millions de personnes », a déclaré l'auteure.

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Le préfacier, le philosophe Souleymane Bachir Diagne, souligne pour sa part la pertinence de la métaphore médicale choisie par l'auteure. « Dominique Tchimbakala est particulièrement exposée à sa virulence, dont on sait d'ores et déjà qu'elle sera de plus en plus amplifiée par l'intelligence artificielle », a-t-il écrit. Il rappelle aussi que le phénomène n'est pas uniquement importé. « Les Africains s'entendent à se « désinformer » en alimentant la rumeur par toutes sortes de complotismes », poursuit-il.

Face à ce « virus invisible », l'ouvrage défend une réponse fondée sur la connaissance, l'éducation aux médias et l'esprit critique. Une démarche que Souleymane Bachir Diagne résume en ces mots : « C'est ce combat que mène dans cet ouvrage Dominique Tchimbakala avec pour armes la connaissance profonde du « terrain », la précision dans l'analyse, mais d'abord la foi en la jeunesse africaine à qui ce livre s'adresse tout particulièrement »

Notons que la rencontre, loin d'être une présentation académique figée, s'était transformée en véritable échange avec le public. Questions, réactions et réponses se sont enchaînées dans une ambiance particulièrement vivante. À l'issue de la cérémonie, un très grand nombre de participants se sont procuré l'ouvrage, prolongeant ainsi la réflexion au-delà de la salle.

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