Le Port autonome de San Pedro (Pasp) ambitionne de renforcer davantage sa position dans le trafic d'importation. C'est dans cette perspective, que la direction générale a organisé une rencontre le mardi 8 septembre 2026, au port de pêche de de la Cité balnéaire. La rencontre a réuni les chefs d'agences des compagnies maritimes, les sociétés de consignation et de transit, des membres de l'Observatoire de la célérité des opérations de dédouanement (Ocod), ainsi que plusieurs acteurs et opérateurs économiques de la place portuaire. Il s'est agi d'engager la réflexion sur les possibilités d'accroissement des importations par la plateforme portuaire.
À l'occasion, le Dg du Pasp, Pascal Dally José, a rappelé l'évolution du port historiquement connu comme une plateforme essentiellement tournée vers l'exportation du cacao et du bois. Pourtant, depuis les années 1980, l'infrastructure a progressivement diversifié ses activités, en développant notamment l'importation de caoutchouc, de ciment et d'engrais.
Pascal Dally José a expliqué que cette diversification s'inscrit dans une dynamique de complémentarité entre les ports de San Pedro et d'Abidjan, deux plateformes appelées à contribuer ensemble au renforcement de la compétitivité du système portuaire ivoirien. Il a ainsi invité les opérateurs économiques à intégrer davantage San Pedro dans leurs choix logistiques, en fonction de la nature des marchandises, des destinations et des besoins spécifiques des entreprises.
Au dire du Dg du Pasp, cette ambition repose sur une évolution importante des capacités du port. En effet, de 243 000 tonnes de marchandises traitées en 2010, le trafic est passé à plus de 3,5 millions de tonnes aujourd'hui. Dans ce volume, les importations représentent désormais environ 45 % des marchandises traitées par la plateforme portuaire.
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Pour Pascal Dally José, ces chiffres traduisent le potentiel du Pasp à jouer un rôle plus important dans l'approvisionnement de la région. Le port dispose en effet d'infrastructures permettant de traiter une grande diversité de marchandises, notamment les conteneurs, les matériaux de construction, la chaux, les équipements lourds, le poisson congelé, ainsi que des produits agricoles tels que le riz et le blé. Il est également opérationnel pour l'importation de produits miniers et de divers biens de consommation. En plus, le Pasp offre parfois des possibilités moins couteuses et rapides.
San Pedro, une alternative logistique à consolider
Le directeur général a particulièrement insisté sur la nécessité de faire du port de San Pedro une véritable option dans les stratégies d'importation des entreprises. Sa localisation lui permet de desservir un vaste arrière-pays, comprenant l'ouest de la Côte d'Ivoire, mais également des pays enclavés comme le Mali et le Burkina Faso, ainsi que la Guinée forestière et l'est du Liberia.
L'extension progressive de la plateforme constitue également un atout pour accompagner cette croissance. Alors que le domaine portuaire s'étendait initialement sur environ 500 hectares, sa superficie dépasse aujourd'hui 2 000 hectares, avec une perspective d'extension à terme jusqu'à 6 000 hectares.
À ces avantages s'ajoutent des infrastructures dédiées, notamment un magasin tampon destiné au stockage temporaire des marchandises importées, ainsi que des dispositifs permettant d'améliorer la fluidité des opérations. Le port bénéficie également des avantages liés à son implantation en zone B, offrant des incitations fiscales susceptibles de renforcer son attractivité auprès des investisseurs.
Dans cette dynamique, le Pasp entend poursuivre la diversification de ses segments d'importation, avec un intérêt particulier pour des produits tels que le sucre, le lait et d'autres biens de consommation. L'objectif est de mieux répondre aux besoins croissants de l'arrière-pays et de proposer aux opérateurs des solutions logistiques adaptées à leurs réalités.
Des offres à adapter aux besoins des opérateurs
L'accroissement du trafic import ne peut toutefois se limiter aux seules capacités infrastructurelles du port, concède le Dg du Pasp. Il nécessite une collaboration étroite avec les compagnies maritimes, les consignataires, les transitaires, les opérateurs économiques et l'ensemble des acteurs de la chaîne logistique.
Il a ainsi appelé les partenaires à travailler avec le Pasp à la construction d'offres compétitives, adaptées aux spécificités de chaque type de marchandise et aux différentes destinations. La compétitivité des prix apparaît notamment comme un facteur déterminant pour convaincre les entreprises de privilégier davantage San Pedro pour leurs opérations d'importation.
Source: Sercom