Des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées dimanche 13 septembre 2026 à Nairobi à l'appel de Linda Mwananchi. Dans Gikomba, la mobilisation a été festive et calme. Une opération réussie qui met la pression sur William Ruto à moins d'un an de la présidentielle d'août 2027. Cette fronde prolonge celle de juin 2024. La Gen-Z avait alors dénoncé la loi de finances et ses taxes sur le pain, l'huile, le carburant et le mobile money.
Si Ruto a retiré le texte le 26 juin 2024, le mal était déjà fait. D'abord la répression sanglante a brisé le contrat moral. La police a tiré à balles réelles sur des manifestants pacifiques. Le bilan fait toujours débat avec pour la Commission officielle KNCHR 39 morts 361 blessés 627 arrestations et 32 disparitions au 1er juillet puis 50 morts 413 blessés 682 arrestations et 59 enlèvements fin juillet. Le gouvernement évoquait de son côté 19 morts selon Ruto puis 42 morts reconnus par l'Inspecteur Général de la Police tandis que les collectifs et ONG comptabilisaient plus de 80 morts et plus de 230 blessés.
Ensuite la défiance économique est restée intacte. Le retrait du texte n'a pas fait baisser le coût de la vie et les mesures d'austérité maintenues sous pression du FMI ont continué de peser sur les ménages.
Enfin la rupture politique a été consommée. En voulant taxer les plus pauvres qu'il avait promis de défendre en 2022 sous la bannière des hustlers, Ruto a perdu sa base. Une trahison que la jeunesse ne lui a jamais pardonnée.
Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn
Reste la question du second mandat. Ruto conserve des atouts. Il contrôle l'appareil d'État, garde le soutien d'une partie de la Vallée du Rift et bénéficie du bilan de ses réformes qui commencent à stabiliser la dette. Mais sa route est étroite. Il a perdu Nairobi et les centres urbains jeunes, son alliance avec Raila Odinga fragilise son camp historique sans lui garantir le vote de l'opposition, et Linda Mwananchi réussit là où l'opposition échouait en fédérant la Gen-Z au-delà des clivages ethniques. Si l'économie ne donne pas de résultats tangibles d'ici mi-2027 et si l'opposition reste unie, le second mandat est loin d'être acquis.
