Ce 14 septembre 2026, c'est la rentrée scolaire en Côte d'Ivoire où près de neuf millions d'élèves sont attendus sur les bancs des établissements. Le week-end précédant la reprise des cours, les parents se sont pressés dans les marchés pour acheter fournitures et manuels. Cette année, le gouvernement a décidé de la mise en place, dans les écoles, de manuels uniques par discipline et par niveau. Jusqu'ici, chaque établissement pouvait déterminer sa liste de manuels. Une mesure qui semble être appréciée dans les « librairies par terre », ces points de vente de manuels scolaires d'occasion.
« Ça met en conformité tous les élèves et les écoles, c'est très bon ! » Seydou est ravi de cette décision qui donne, selon lui, les mêmes chances à tous les élèves de Côte d'Ivoire. « Une classe de CP1 à Korhogo [grande ville du nord du pays, NDLR], c'est le même livre à Abidjan. Il n'y a rien à dire : cette année, c'est propre ! »
Face aux nombreuses listes de manuels demandés par les établissements, il était souvent difficile de s'y retrouver et de les obtenir, reconnait Amadou, vendeur de matériel scolaire au marché d'Adjamé : « Quand les gens envoyaient les listes, certains livres n'étaient même pas sur le marché. Nous, on préfère qu'il y ait une liste unique : ça va nous faciliter la tâche. C'est mieux pour les vendeurs comme pour les parents ».
Cette réforme veut tenter aussi de stabiliser le coût des manuels pour les familles. Pour Darius, père de trois enfants, certaines dépenses pouvaient représenter un véritable gaspillage pour le budget du foyer. « Il y a plein de manuels que l'école avait demandé et qu'ils n'ont pas utilisés, explique-t-il. C'est resté comme ça jusqu'à la fin de l'année scolaire. Mais il y a des livres qui sont chers ! On dit "éducation pour tous", mais ça passe aussi par les manuels ! »
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Lutter contre la vie chère
Les établissements et enseignants doivent donc travailler avec les manuels listés sans en rajouter, explique Ekoun Kouassi, Secrétaire général du Syndicat national des enseignants du second degré de Côte d'Ivoire (Synesci). « Aucun chef d'établissement du public, aucun directeur du privé, n'a le droit d'imposer un autre manuel que celui imposé par le ministère de l'Éducation national », rappelle-t-il.
L'Union fédérale des consommateurs se félicite, elle, de cette mesure qui contribue, selon son vice-président Salifou Ouattara, à lutter contre la vie chère.