Rabat a vibré dimanche dernier au rythme de l'USFP. Dans un théâtre Mohammed V archicomble, le parti de la Rose a transformé son meeting, présidé par le Premier secrétaire de l'USFP, pour présenter les candidats de la région de Rabat-Salé-Kénitra, en véritable fête. Visages connus, jeunes cadres, militants venus des différentes provinces de la région : tous ont répondu présents pour afficher leur détermination et donner le coup d'envoi d'une bataille électorale que l'USFP entend mener sans complexe.
C'est dans cette atmosphère de confiance que Driss Lachguar a pris la parole, livrant une intervention particulièrement incisive. Le Premier secrétaire de l'USFP a replacé la Cause nationale au centre de son propos, tout en lançant un avertissement sans détour à ceux qui, selon lui, restent silencieux lorsque le Maroc est confronté à des campagnes et à des attaques venues de l'extérieur.
Pour Driss Lachguar, la Cause nationale ne peut être une affaire de circonstance. Elle exige une mobilisation permanente, un engagement politique assumé et un véritable front national. Dans son intervention, le Premier secrétaire de l'USFP a rappelé les combats historiques de son parti en faveur de la démocratie, de l'Etat de droit et de l'unité du Royaume.
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La Cause nationale, a martelé Driss Lachguar, doit demeurer la priorité absolue du pays. Une priorité qui ne saurait être réduite à des déclarations de circonstance ou à des réactions tardives lorsque la pression extérieure devient trop forte. Il a rappelé les efforts considérables consentis par Feu S.M le Roi Hassan II et les sacrifices de générations de Marocains qui ont contribué à la défense de l'intégrité territoriale et de la dignité nationale.
Dans le même temps, il a mis en avant les efforts déployés par Sa Majesté le Roi Mohammed VI pour consolider la position du Maroc sur la scène internationale. Pour Driss Lachguar, cette dynamique repose sur une mobilisation collective, constante et responsable, tout en préservant les relations privilégiées du Royaume avec ses partenaires, notamment les Etats-Unis, l'Espagne, l'Europe et les différentes puissances internationales.
C'est précisément sur ce terrain que le dirigeant socialiste a durci le ton. Quand le Maroc est attaqué, où sont les partis gouvernementaux?, s'est interrogé Driss Lachguar. Son interrogation vise surtout le comportement de certaines formations politiques face aux campagnes menées contre le Maroc depuis l'étranger, notamment en Europe après la crise migratoire au préside occupé de Sebta.
La question, lancée comme un reproche, traduit selon lui une défaillance plus profonde. Pour Lachguar, les partis politiques ne peuvent pas réduire leur rôle à la préparation des élections et à la recherche de voix. Leur responsabilité doit également s'exercer lorsque le pays traverse des moments sensibles, lorsque ses intérêts sont attaqués et lorsque les citoyens attendent des prises de position claires.
Driss Lachguar dénonce ainsi une pratique politique qu'il juge préoccupante : celle de formations qui se manifestent au moment des échéances électorales, mais se retirent lorsque les dossiers deviennent difficiles ou politiquement coûteux. Santé, chômage, conditions de vie des citoyens : autant de questions sur lesquelles, selon lui, certains partis se replient.
«Dans toutes ces questions, ils entrent dans leurs terriers», a-t-il regretté.
Et si cette attitude est déjà problématique sur les questions sociales, elle devient, aux yeux de Driss Lachguar, autrement plus grave lorsqu'elle concerne les grandes questions nationales.
Driss Lachguar a, par ailleurs, refusé qu'une partie de l'histoire politique marocaine soit réécrite au gré des intérêts du moment. Il a rappelé le parcours de générations de militants ittihadis qui ont consacré des années à la défense de leurs convictions dans les universités, les organisations politiques et les différentes structures militantes.
Ces générations, insiste-t-il, ont payé un prix pour leurs engagements et ont contribué à la construction démocratique du pays.
D'où son refus de voir cette mémoire collective effacée par des récits qui chercheraient à attribuer à une seule formation ou à une seule personnalité le mérite de combats qui ont été, selon lui, collectifs et historiques.
Le dirigeant ittihadi revient également sur les responsabilités qu'il a lui-même assumées à des moments sensibles de la vie publique, notamment lorsqu'il exerçait des fonctions gouvernementales. Il a insisté sur un principe qu'il présente comme fondamental : le respect dû aux institutions ne doit jamais dépendre de la personne qui les dirige.
Ministre, chef du gouvernement ou parlementaire, tout responsable politique est tenu, selon lui, de respecter le devoir de réserve et la fonction qu'il assume.
Lachguar revient ainsi à ce qui constitue le fil directeur de son propos: la défense de la Constitution, de la souveraineté nationale et de l'Etat de droit.
Dans un contexte marqué par des campagnes extérieures orchestrées contre le Maroc et par les tensions de la vie politique intérieure, il a appelé à ne pas perdre de vue l'essentiel. Les acquis démocratiques et institutionnels ne peuvent devenir la monnaie d'échange d'ambitions personnelles ou de stratégies de récupération politique.
Pour Lachguar, le moment n'est donc pas aux postures opportunistes. Il est à la responsabilité politique. Face aux attaques venues de l'extérieur, les partis doivent sortir de leurs « terriers, assumer leur rôle et contribuer à la constitution d'un front national. Et face aux tentatives d'effacement de la mémoire démocratique, l'USFP entend rappeler que les acquis du pays sont le produit de combats, de sacrifices et d'engagements auxquels plusieurs générations ont contribué.