Maroc: La charge de Driss Lachguar contre une majorité aux abois

13 Septembre 2026

La ville ocre a vibré jeudi dernier sous les mots de Driss Lachguar. Le premier secrétaire de l'Union socialiste des forces populaires y a donné le coup d'envoi de la campagne des militants du parti pour les législatives du 23 septembre, devant une salle comble où l'affluence et la ferveur de l'accueil ont dit, mieux que tout discours, l'adhésion populaire au projet ittihadi, à son programme électoral et à ses candidats dans les circonscriptions de la préfecture de Marrakech et de la province de Rehamna.

Dans une allocution où l'ironie le disputait à la gravité, le premier secrétaire a rappelé que les revendications portées par le programme électoral de l'USFP n'avaient rien d'improvisé. Elles furent, dit-il, celles que le Groupe socialiste-Opposition ittihadie n'a cessé de défendre sous la coupole du Parlement et au sein de la commission des finances, et que les composantes du gouvernement s'étaient obstinées à écarter. Voilà qu'à quelques semaines à peine de la fin de son mandat, cette même majorité promet aux électeurs ce qu'elle a combattu pendant cinq années d'exercice du pouvoir.

Un désaveu adressé à la coalition sortante

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Le ton s'est fait plus incisif lorsqu'il a dénoncé des partis au pouvoir prodiguant au peuple des promesses dénuées de sincérité. S'adressant directement aux citoyennes et citoyens présents, il a lancé que leur présence ce soir-là valait cri d'alarme face à ces pratiques, les invitant à dire assez au mensonge, à la tromperie et à l'enfumage, avant d'annoncer un rendez-vous commun le 23 septembre pour leur demander des comptes.

Il s'en est pris ensuite à l'effritement de l'alliance gouvernementale, rappelant que ses composantes s'étaient targuées pendant cinq ans d'une cohésion sans faille, pour se muer, à l'approche du scrutin, en un théâtre d'accusations et d'invectives réciproques, chacun rejetant la responsabilité sur l'autre dans ce qu'il a qualifié d'opération de tromperie manifeste. Un comportement, a-t-il insisté, qui a porté préjudice au pays, à son avenir et à sa réputation, tant fut patente l'ampleur de l'irresponsabilité affichée.

Convoquant un dicton populaire pour railler ce qu'il a présenté comme des rivalités tardives entre alliés d'hier, il a estimé que la Providence avait voulu que ces partis se trahissent par leurs propres mots, transformant ce qui fut une alliance en un déballage de scandales et d'invectives.

L'appel à un vote sanction

Le Premier secrétaire a martelé que l'ensemble des composantes gouvernementales portaient la responsabilité du bilan de leur action, et qu'il ne fallait céder en rien à cette entreprise de désinformation aussi délibérée que flagrante. Il a appelé les Marocaines et les Marocains à se rendre aux urnes pour signifier aux trois partis concernés qu'ils avaient aggravé leur situation sans résoudre leurs problèmes.

Driss Lachguar a par ailleurs invité les citoyens à soutenir les candidats d'un parti porteur, selon lui, d'un titre de lutte remontant à l'époque de la résistance contre le colonialisme, dont les militants, de génération en génération, ont payé le prix de leur engagement aux côtés des causes justes du peuple, ainsi qu'en témoigne, a-t-il rappelé, le rapport de l'Instance équité et réconciliation, qui a mis en lumière ceux qui consentirent de lourds sacrifices pour la liberté, la dignité, la justice et la démocratie.

Il a également dénoncé ce qu'il a qualifié de piratage du contenu du programme électoral de son parti, présenté en avant-première lors d'une conférence de presse, avant de voir d'autres formations le reproduire dans le détail, se contentant d'ajustements paresseux sur quelques chiffres, signe, selon lui, de leur incapacité à proposer un projet véritable porté par des idées sérieuses et novatrices.

Il a conclu son intervention en interpellant les femmes et les hommes de Marrakech, les invitant à faire du 23 septembre un rendez-vous de vote sanction, en portant leurs voix sur les candidats de la Rose, symbole de l'Union socialiste des forces populaires.

Le rassemblement, animé par Miloudia Hazib, membre du Bureau politique, a également été l'occasion de présenter les grands axes du programme électoral, détaillés par Kamal El Hachoumi, également membre du BP. Les mandataires des listes ittihadies de la préfecture de Marrakech et de la province de Rehamna y ont été présentés, en les personnes de Lahcen Zalmate pour la circonscription Médina-Sidi Youssef Ben Ali, Mohamed El Akroud pour la circonscription Guéliz-Nakhil, Toufik Essamoud pour la circonscription Ménara, Khadija El Akroud, mandataire de la liste régionale des femmes, et Hamid El Akroud pour la circonscription de Rehamna.

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