Maroc: Emploi, innovation et participation - L'offre politique de l'USFP pour les jeunes Marocains

14 Septembre 2026

Dans son programme électoral, l'Union socialiste des forces populaires consacre l'un de ses vingt engagements à la jeunesse, sous un intitulé qui refuse d'emblée la posture misérabiliste : « La jeunesse est la solution ». Pas un problème à gérer, pas une classe d'âge à occuper, mais ce que le parti appelle « le plus grand capital humain que possède le Maroc ». La nuance n'est pas cosmétique. Elle inverse la manière dont la politique publique parle, d'ordinaire, de ses jeunes.

Le programme fixe l'ambition en une phrase : faire de chaque jeune un acteur économique, à travers un parcours clair d'orientation, de formation, d'insertion et de financement. Derrière cette continuité affichée se cache une vérité implicite. Si un parcours doit être rendu « clair », c'est qu'il ne l'est pas aujourd'hui, et que des milliers de jeunes Marocains, diplômés ou non, se heurtent moins à un manque de volonté qu'à un labyrinthe administratif et institutionnel sans porte de sortie visible.

Un objectif chiffré, pour de vrai

Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres

L'USFP promet l'insertion de 200 000 jeunes par an dans l'emploi ou l'entrepreneuriat, et un recul du chômage des jeunes sous la barre des 10 %. Le programme ne se contente pas d'un chiffre global : il détaille le mécanisme. Le soutien public aux entreprises serait conditionné à la création d'emplois destinés aux jeunes, les employeurs qui embauchent un jeune pour la première fois bénéficieraient d'exonérations de cotisations sociales durant les premières années, et des contrats d'insertion professionnelle garantiraient une formation en cours d'emploi avant transformation en contrat stable. On retrouve ici la même architecture que dans l'engagement industriel du programme électoral ittiahdi: l'aide publique cesse d'être un chèque en blanc pour devenir la contrepartie d'un résultat vérifiable.

Les secteurs ciblés ne doivent rien au hasard non plus. Industrie, économie numérique, énergies renouvelables, agriculture moderne, tourisme, services : ce sont précisément les filières que le parti identifie ailleurs dans son programme comme les gisements de croissance de demain. La politique de la jeunesse n'est donc pas pensée à part, elle est adossée à la même stratégie économique d'ensemble.

Des guichets uniques plutôt qu'un parcours du combattant

Pour donner corps à ce « parcours clair », l'USFP propose de créer, dans chaque région du Royaume, des centres d'orientation, d'accompagnement et d'insertion professionnelle, reliés aux universités, aux établissements de formation, aux entreprises et aux agences régionales d'investissement. Une plateforme numérique nationale unique rassemblerait offres d'emploi, de formation, de financement et d'investissement, avec un accompagnement individuel jusque dans la rédaction des études de faisabilité et des plans d'affaires. L'ambition est simple à énoncer et redoutable à tenir : qu'aucun jeune porteur d'un projet ne reste seul face à sa banque ou à son dossier administratif.

L'économie sociale, un tremplin et non un pis-aller

Le programme accorde une place spécifique à l'économie sociale et solidaire, longtemps traitée comme une solution par défaut pour les jeunes exclus du salariat classique. L'USFP en fait au contraire un levier à part entière : soutien à la création de coopératives et d'entreprises sociales dirigées par des jeunes, en particulier en milieu rural et dans les zones fragiles, fonds dédié à leur financement, formation en gestion et en marketing, et surtout accès facilité aux marchés publics. Cette dernière mesure change la donne : une coopérative de jeunes ne serait plus condamnée à rester à la marge de la commande publique, mais reconnue comme un fournisseur potentiel de l'État au même titre qu'une entreprise classique.

Réserver l'innovation aux jeunes, pas aux grandes villes

Sur le terrain de l'entrepreneuriat innovant, le programme promet des incubateurs et des accélérateurs dans l'ensemble des universités et des régions, du financement pour les projets technologiques à forte valeur ajoutée, l'intégration de l'entrepreneuriat et de la culture financière dans les cursus scolaires, des concours nationaux annuels, et un soutien au dépôt de brevets. L'engagement le plus concret reste sans doute la réservation de 10 % des marchés publics aux start-up et entreprises innovantes, un quota qui transforme une intention en obligation chiffrée pour l'administration elle-même. Objectif affiché sur cinq ans : 50 000 entreprises de jeunes soutenues, et un taux d'insertion de 80 % après formation professionnelle.

De bénéficiaires à décideurs

Le dernier axe du programme rompt avec une manière de traiter la jeunesse comme simple destinataire de politiques décidées sans elle. L'USFP s'engage à accélérer la mise en place du Conseil national de la jeunesse et de l'action associative, à ouvrir aux jeunes l'accès aux responsabilités au sein des établissements publics, des collectivités territoriales et des entreprises publiques selon le principe de l'égalité des chances, et à publier chaque année un rapport public sur la situation de la jeunesse. Cette dernière disposition prolonge une logique que l'on retrouve engagement après engagement dans ce programme : ce qui n'est pas mesuré ne peut pas être tenu, et ce qui n'est pas rendu public ne peut pas être vérifié.

En articulant emploi, entrepreneuriat, économie sociale, innovation et participation citoyenne dans un seul engagement, l'USFP ne traite pas la jeunesse comme un public à satisfaire, mais comme le moteur de l'ensemble de son projet de développement équitable.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.