Nigeria: Entrée en Bourse raffinerie Dangote - Plus qu'une opération financière, un acte hautement politique

Ce lundi 14 septembre 2026 restera marqué d'une pierre blanche dans les annales de l'économie nigériane et africaine. En effet, c'est à cette date que la société Dangote Petroleum Refinery and Petrochemicals a effectué son entrée en bourse à Lagos.

Moins que dans son principe, qui n'est pas une première pour une société privée d'Afrique, c'est l'auteur de cette opération financière qui donne un cachet tout particulier à l'affaire. Tant son nom rime avec gigantisme et son patrimoine avec chiffres astronomiques.

Richissime homme d'affaires nigérian ayant fait son trou dans l'industrie de la cimenterie, Aliko Dangote est depuis longtemps l'homme le plus fortuné d'Afrique et figure au top 50 à 100 des milliardaires du monde.

Mais ce Crésus du continent noir n'est homme à dormir sur son matelas de billets.

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De la cimenterie et de bien d'autres secteurs d'activités qui l'ont propulsé à des sphères stratosphériques, il décide de creuser dans le secteur du pétrole dont son pays est le premier producteur en Afrique.

Bonne pioche ! C'est le début de la méga-raffinerie Dangote implantée à Lekki, dans la ville de Lagos. Mise en service en 2024, l'infrastructure a une capacité de production de 700 000 barils par jour. Une quantité largement supérieure à la demande nationale de carburants d'une population de plus de 240 millions d'habitants. Au point qu'elle en exporte plus de 400 000 tonnes de carburants par mois vers l'Europe. Une véritable révolution copernicienne, s'il en est.

En effet, le Nigéria qui importait la quasi-totalité de ses besoins en hydrocarbures raffinés en est devenu exportateur.

Avec une projection de 1,4 millions de barils par jour, à l'horizon 2028, autant dire demain, Aliko Dangote entend faire de son complexe la plus grande raffinerie de pétrole au monde, devant celle de Jamnagar en Inde.

Cette ambition, il n'entend pas (ou ne peut pas la réaliser seul). D'où cette introduction en bourse pour lever 1,4 milliards de dollars US, l'équivalent de 4,1 milliards d'actions à raison de 525 Nairas (227 FCFA) l'unité.

La modicité du prix de vente de l'action tient à la fois à la modestie et à la vision panafricaniste du Tycoon nigérian : offrir l'opportunité à 10 millions d'Africains ordinaires à devenir actionnaires de sa société.

« Ce lundi 14 septembre 2026 est un jour historique. C'est une introduction en bourse d'une nouvelle possibilité pour le Nigéria, pour l'Afrique et pour la race noire », s'en est-il réjoui.

On ne peut que se réjouir d'une telle initiative, certes mercantiliste mais aussi empreinte d'humanisme et de souverainisme qui honore l'intéressé et l'Afrique toute entière.

Celui qui a effectué ses premiers pas dans le monde des affaires en 1977 avec seulement 500 000 nairas de son oncle et trois camions de ciment de son grand-père montre ainsi que notre continent peut financer son propre développement.

Il faut donc espérer que dans bien d'autres pays africains producteurs d'or noir, on en prendra de la graine et que les gouttes de pétrole de Dangote y feront tache d'huile. Et mettre fin à cette absurdité économique qui consiste à être exportateurs de matières premières énergétiques, agricoles et minières et se complaire dans le rôle d'importateurs de produits finis.

Vient de briser le signe indien, pour ne pas dire africain. Aux autres capitaines d'industrie d'Afrique d'en saisir la portée et d'en tirer tous les enseignements économique, social et politique.

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