Au-delà de l'augmentation de la production locale, la sécurité alimentaire passe aussi par un meilleur contrôle des denrées importées. Dans une tribune, transmise à Fratmat.info, le 13 septembre 2026, Djibril Gabriel Diabaté, consultant senior en développement industriel, appelle à renforcer la traçabilité des produits alimentaires aux frontières et à professionnaliser davantage les dispositifs de contrôle.
Que contient réellement l'assiette des consommateurs africains ? Pour Djibril Gabriel Diabaté, cette question mérite une attention accrue. Dans sa tribune consacrée à la sécurité sanitaire des aliments importés, le consultant estime que la maîtrise de la traçabilité constitue un enjeu majeur pour les pays du continent.
Selon lui, une partie des denrées alimentaires importées entre sur les marchés sans qu'un suivi suffisamment rigoureux de leur chaîne de conditionnement soit toujours garanti. Il relève notamment des insuffisances dans la connaissance et l'utilisation de certains outils de la qualité industrielle.
Le numéro de lot au coeur du dispositif
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Dans l'industrie agroalimentaire, la traçabilité permet de retrouver l'origine et le parcours d'un produit. Djibril Gabriel Diabaté insiste particulièrement sur l'importance du numéro de lot. Cet identifiant permet de rattacher un ensemble de produits à une période et à des conditions précises de fabrication.
En cas de contamination chimique ou microbiologique, cette information facilite l'identification du lot concerné et son retrait du marché. Elle permet ainsi de limiter l'exposition des consommateurs et d'éviter qu'une alerte ne touche inutilement l'ensemble d'une filière.
Le consultant distingue également le numéro de série, qui identifie individuellement une unité, et les documents relatifs au conditionnement et aux analyses. Il préconise que ces informations soient cohérentes avec celles figurant sur les conteneurs et les emballages.
Des failles à corriger
Pour Djibril Gabriel Diabaté, plusieurs facteurs fragilisent le contrôle des importations. Il cite notamment le déficit de formation technique de certains acteurs, le non-respect des procédures par certains importateurs et la vulnérabilité des documents papier à la fraude.
Il estime également que l'absence d'interconnexion entre laboratoires, services douaniers et structures d'inspection sanitaire complique la vérification des certificats et le suivi des produits.
Quatre priorités
Face à ces difficultés, le consultant propose quatre axes d'action. Le premier consiste à renforcer la formation des cadres et inspecteurs aux normes de traçabilité et de sécurité alimentaire.
Il préconise ensuite la numérisation des documents et l'enregistrement systématique des numéros de lots lors du dédouanement. Il recommande aussi de moderniser les laboratoires nationaux afin de permettre des analyses rapides aux principaux points d'entrée.
Enfin, il appelle à mettre en place des bases de données permettant de déclencher rapidement le retrait d'un lot défaillant sur l'ensemble du territoire.
Pour lui, il ne s'agit pas de freiner le commerce international, mais de garantir que les produits entrant sur les marchés africains respectent les exigences sanitaires. La maîtrise de ce qui arrive dans l'assiette des populations constitue, à ses yeux, une composante de la souveraineté alimentaire.