En République démocratique du Congo (RDC), le Fonds des Nations unies pour la population souligne que les femmes sont désormais les plus touchées par la dix-septième épidémie d'Ebola déclarée par les autorités en mai 2026. « Elles sont les premières à donner des soins à des malades dans la famille, dans la communauté, mais aussi dans les formations sanitaires », souligne Noémie Delmonte, représentante adjointe UNFPA en RDC, qui met aussi en lumière les conséquences pour la santé maternelle.
En République démocratique du Congo (RDC), le gouvernement estime que l'épidémie d'Ebola déclarée depuis le 15 mai dernier est désormais sous contrôle. Elle touche 7 provinces des 26 que compte le pays. Selon le dernier bilan des autorités, 7 022 cas ont été enregistrés, avec 80 nouveaux cas pour la seule journée du 10 septembre ; 3 398 personnes sont décédées alors que 837 patients sont actuellement pris en charge dans les structures de santé.
Une épidémie qui a changé de visage depuis son apparition dans la zone minière de Mongwalu, en Ituri, province du nord-est de la RDC. Si les hommes représentaient la majorité des cas, la courbe s'est inversée selon le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA). Les femmes sont désormais les plus touchées par la maladie, souligne Noémie Delmonte, représentante adjointe UNFPA en RDC, au micro de Paulina Zidi : « C'est en train de se produire parce que les femmes sont les premières personnes à donner des soins à des malades dans la famille, dans la communauté, mais aussi dans les formations sanitaires. Les femmes sont en premier lieu celles qui s'occupent des autres et celles qui ont donc des gestes qui peuvent les exposer plus facilement à une contamination de la maladie. Et on voit dans les chiffres des malades que non seulement les femmes sont de plus en plus touchées, mais qu'on a aussi les femmes enceintes qui commencent à être de plus en plus nombreuses. »
« On voit une importante mortalité néonatale »
Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn
Elle détaille : « Il a été déterminé que 84 des 134 femmes enceintes admises dans dix centres de traitement d'Ebola sont décédées depuis le début de l'épidémie. Et parmi ces cas, on sait qu'il y a eu 38 fausses couches et 15 décès foetaux in utero et 22 naissances prématurées. Donc, non seulement on met en danger la vie de la mère, mais la difficulté de porter un enfant est très importante si on est malade d'Ebola. On voit une importante mortalité néonatale. »
Une épidémie qui bouleverse le système de santé dans les zones concernées, notamment dans le suivi des soins de santé maternelle, poursuit Noémie Delmonte : « En Ituri, si on regarde les données dans les formations sanitaires entre les mois de mai et de juillet, on voit que les consultations prénatales ont diminué jusqu'à 30 %. Pour les accouchements assistés, la baisse est de la même ampleur, avec 32%. Et pour les traitements des complications des grossesses, c'est vers les 45 %, en diminution par rapport à la même période de l'année précédente. »
« Il y a une certaine peur des femmes envers les services de santé »
Elle poursuit : « Donc, on voit qu'il y a une certaine peur des femmes envers les services de santé, ce qui est, à notre avis, une des raisons principales de la diminution de l'utilisation des services. Aujourd'hui, il faut vraiment réfléchir à l'offre de services de santé pour restaurer la confiance des communautés à y aller, parce que ça a un impact important sur la mortalité maternelle. Une des premières causes de mortalité maternelle, c'est le fait de ne pas suivre de consultation prénatale et donc de ne pas être capable de détecter des signes de danger qui peuvent amener à une grossesse difficile. Et on voit déjà la conséquence dans les données. »
La RDC a déclaré mi-mai sa dix-septième épidémie d'Ebola, une maladie meurtrière qui a déjà tué plus de 15 000 personnes en Afrique au cours des cinquante dernières années.
Partie de la province de l'Ituri (nord-est), cette épidémie actuelle touche des régions de l'est et du nord de la RDC. Elle s'est étendue la semaine précédente à une septième province, le Sud-Ubangui, frontalière de la Centrafrique et du Congo-Brazzaville.
Plusieurs traitements et vaccins sont à l'essai contre le virus Bundibugyo contre lequel il n'existe aucun remède homologué à ce jour.