À Durban, en Afrique du Sud, après quatre mois à vivre dehors, devant un bâtiment gouvernemental, en plein hiver austral et dans des conditions indignes, les réfugiés et demandeurs d'asile de la rue Che Guevara ont été évacués. Tous ont été contrôlés par les services de l'immigration et disposent de documents en règle. Mais face aux violences et aux intimidations de manifestants xénophobes, beaucoup sont montés dans des bus affrétés par le gouvernement pour rejoindre un camp situé à 600 kilomètres de là, dans l'espoir d'y être protégés.
Après avoir été chassés de leurs communautés, ces étrangers en situation régulière avaient posé leurs valises sur un trottoir de Durban. Ces dernières semaines, ils ont été attaqués à plusieurs reprises, parfois très violemment, par des groupes xénophobes. Beaucoup de réfugiés et de demandeurs d'asile ont donc accepté l'offre du gouvernement : parcourir 600 kilomètres en bus pour rejoindre un immense camp géré par les services de l'immigration sud-africains.
Wivine Bahati, 25 ans, originaire de République démocratique du Congo (RDC), témoigne depuis l'un de ces bus : « Nous avons vécu dans la rue pendant quatre mois, réduits à des conditions de vie dans lesquelles aucun d'entre nous n'aurait jamais souhaité se retrouver. Nous sommes tous traumatisés, physiquement mais aussi mentalement : il nous était devenu impossible de réfléchir ou de prendre la moindre décision importante. Voilà pourquoi j'ai accepté d'être emmenée à Lindela, pour y trouver refuge et être en sécurité. C'est mieux que d'être à la rue. »
Mais le camp de Lindela a très mauvaise réputation en Afrique du Sud. Il est souvent qualifié de « prison à ciel ouvert ». Si beaucoup ont accepté de s'y rendre le temps que la situation se calme, d'autres ont refusé cette solution et continuent de vivre dans la rue.
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