C'est la rentrée parlementaire en République démocratique du Congo (RDC). Mardi 15 septembre, l'Assemblée nationale et le Sénat ont ouvert leur session ordinaire, principalement consacrée au budget 2027. Une rentrée qui intervient dans un contexte dominé par la crise sécuritaire dans l'est du pays, l'annonce d'un dialogue national pour la paix et les tensions autour de la loi sur le référendum. Lors de leurs discours d'ouverture au Palais du Peuple, les présidents des deux chambres ont fixé leurs priorités et affiché leurs attentes vis-à-vis du gouvernement.
Le projet de loi de finances 2027 constitue le coeur des travaux parlementaires. Déposé par le gouvernement, ce budget avoisine les 25 milliards de dollars, soit une hausse de près de 12 %. Pour le Parlement, ces crédits doivent prioritairement financer la défense, la santé, l'éducation, les infrastructures et la reconstruction des zones sinistrées. Les élus devront également se pencher sur les récents drames sanitaires liés à l'épidémie d'Ebola.
Au Sénat, le président Jean-Michel Sama Lukonde a exigé une gestion rigoureuse, capable de stabiliser le franc congolais et de freiner l'augmentation du coût de la vie pour les ménages. « Chaque franc collecté doit être dépensé de manière responsable », a-t-il insisté.
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Sur le plan politique, les deux chambres ont apporté leur soutien au dialogue politique voulu par le chef de l'État, Félix Tshisekedi, bien que son format soit contesté par l'opposition. Le président de l'Assemblée nationale, Aimé Boji, a toutefois posé des limites. « L'on ne peut donc pas demander à ceux qui ont choisi la paix de s'asseoir à la même table avec ceux qui continuent de brandir la menace comme argument. Le dialogue n'est pas une reddition. La recherche de la paix n'est pas une capitulation. Et la main tendue de la République ne saurait être interprétée comme une main désarmée face à ceux qui la menacent. » « Un dialogue patriotique suppose que chacun accepte de faire prévaloir la seule force qui vaille : celle de la raison et le bon sens », a-t-il poursuivi.
La loi sur le référendum également au programme
L'Assemblée nationale devra également procéder à une nouvelle délibération de la loi sur le référendum. Le texte avait été renvoyé au Parlement par le président Félix Tshisekedi après des reformulations proposées par la Cour constitutionnelle.
Cette loi cristallise les tensions avec l'opposition, qui soupçonne le pouvoir de chercher, à travers ce texte, à ouvrir la voie à un troisième mandat de Félix Tshisekedi. Une partie de l'opposition a manifesté mardi dans les rues de Kinshasa. Des heurts entre militants ont éclaté et le rassemblement a finalement été dispersé.
Les parlementaires examineront également des textes liés aux réformes électorales et à l'identification des électeurs. D'autres doivent permettre d'améliorer l'architecture économique et le système financier. Le travail « sera donc intense et dense », a prévenu le président de l'Assemblée nationale.