Maroc: Face au bruit des cortèges, El Mehdi Mezouari impose le débat d'idées à Mohammedia

16 Septembre 2026

La campagne électorale à Mohammedia s'est ouverte sur un contraste qui, à mesure que les jours passent, ressemble de moins en moins à une simple différence de style. D'un côté, un candidat qui construit sa campagne sur le travail, les compétences et l'écoute. De l'autre, une démarche qui semble avoir renoncé, dès le départ, à convaincre par les idées pour miser tout entière sur le bruit et la ferveur du moment. Deux méthodes, certes, mais surtout deux manières de considérer l'électeur fedali : comme un citoyen capable de juger un programme, ou comme une foule qu'il suffit de chauffer.

El Mehdi Mezouari, candidat de l'Union socialiste des forces populaires, a fait le choix, lui, d'aller sur le terrain entouré de cadres, de compétences reconnues et d'enseignants, et de placer le dialogue direct avec les habitants au centre de sa démarche. Écouter les attentes réelles de la population, exposer dans le détail le contenu de son programme, les objectifs chiffrés et les solutions envisagées pour les dossiers qui pèsent sur le quotidien de la ville : c'est cette méthode, exigeante et sans effet de manche, qui a toujours distingué le travail de terrain ittihadi de la simple communication électorale.

En face, difficile de ne pas voir dans la campagne concurrente les symptômes d'un vide assumé. La mobilisation y prime sur tout le reste, les cortèges sur le contenu, les slogans scandés à l'unisson sur le moindre début d'argumentaire. Une méthode qui sait, c'est vrai, remplir une rue et faire du bruit. Mais qui, à force de tout miser sur l'ambiance, finit par ne plus rien avoir à dire sur l'avenir de Mohammedia. Quand une formule répétée en boucle, plus proche du chant de stade que du débat d'idées, tient lieu de programme électoral, ce n'est plus une stratégie de campagne, c'est l'aveu d'une absence de projet.

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Cette manière de faire n'est pas neutre. Elle en dit long sur l'idée que certains se font de l'électeur : un public à émouvoir plutôt qu'un citoyen à convaincre, une foule à mobiliser plutôt qu'une population à écouter. C'est précisément l'inverse de ce que porte la démarche ittihadie, qui a toujours considéré que le suffrage se mérite par la clarté des propositions et la solidité des équipes, non par la seule intensité du décibel.

Une élection n'est ni un concours de slogans ni une compétition de cortèges. C'est un moment politique qui doit permettre au citoyen de comparer des projets, des compétences, et la capacité réelle des candidats à transformer leurs promesses en engagements tenables. Sur ce terrain-là, la démarche portée par le candidat de l'USFP à Mohammedia n'a, à ce stade de la campagne, guère d'équivalent sérieux en face : un programme détaillé, une équipe de compétences reconnues, une méthode de proximité qui ne doit rien à l'improvisation.

Entre un candidat qui bâtit sa campagne sur le travail et la compétence, et une autre démarche qui semble redouter le débat de fond au point de s'en tenir aux slogans, le choix qui s'offre aux électeurs de Mohammedia n'a, en réalité, rien d'équilibré. Il leur reviendra néanmoins, comme toujours, de le confirmer dans les urnes.

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