Cote d'Ivoire: Le gouverneur d'Abidjan entendu sur les démolitions à Koumassi

Démolition d'un bâtiment (photo d'illustration)

En Côte d'Ivoire, le 3 juin 2026, des centaines de familles étaient déguerpies de « Koumassi Campement », leurs maisons et commerces détruits par les bulldozers. Plus de six hectares avaient été rasés. Un particulier, soupçonné d'être à l'origine de ces destructions, avait été arrêté et placé sous mandat de dépôt le 29 juin. Ce mercredi 16 septembre, le procureur de la République, Oumar Braman Koné, a tenu une conférence de presse pour faire le point sur l'avancée des investigations. Une enquête qui s'intéresse notamment au rôle du gouverneur du district d'Abidjan, Ibrahima Cissé Bacongo.

En Côte d'Ivoire, 15 autres personnes ont été entendues depuis l'ouverture de l'enquête, il y a trois mois, le 10 juin 2026. Et au fil des auditions, « d'autres responsabilités présumées sont apparues », explique encore le procureur. Parmi elles, celle du gouverneur du District d'Abidjan, Ibrahima Cissé Bacongo.

Selon le procureur de la République, le gouverneur a déclaré lors de son audition que ces démolitions avaient été menées « dans le cadre du plan ORSEC », un dispositif de prévention et de gestion des catastrophes, notamment des risques d'inondation en bordure de lagune. Il a ajouté que « cette opération visait à libérer les emprises et à démolir les installations irrégulières ». Le procureur recense pourtant plusieurs parcelles détenant des actes de propriété.

Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn

Concernant la présence policière sur place ce jour-là, le procureur insiste : « C'est le District [d'Abidjan, NDLR] qui a requis les forces de l'ordre. » Ce dispositif s'appliquait-il pour autant à « Koumassi Campement » ? « Les investigations sont en cours » pour le déterminer, ajoute Oumar Braman Koné.

Une décision de justice qui « n'autorisait aucune démolition »

Autre protagoniste dans cette affaire : Jacques Alloui Brou, toujours en détention. Quelques jours après les faits, ce particulier avait affirmé, dans une vidéo, détenir une décision de justice l'autorisant à mener cette opération. Une version contestée par le procureur pour qui cette décision « n'autorisait aucune démolition », uniquement le « déguerpissement de cinq habitations ».

Enfin, le Parquet s'intéresse également au rôle présumé d'un député, celui de Gouméré/Tabagne, dans la coordination et le financement de ces destructions.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.