En République centrafricaine, l'armée a été déployée dans la préfecture du Mbomou, où treize enfants sont portés disparus depuis l'attaque d'un village samedi 12 septembre 2026. Une attaque attribuée à des membres de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA), la rébellion fondée en Ouganda dans les années 1980 par le chef de guerre Joseph Kony, toujours recherché par la communauté internationale et la Cour pénale internationale (CPI). Le groupe armé n'avait presque plus fait parler de lui en Centrafrique ces dernières années, mais cette attaque, qui fait suite à plusieurs autres du même type ces derniers mois dans la région, fait craindre son retour.
Les assaillants ont fait irruption dans trois villages des environs de Bangassou, dans le sud-est de la Centrafrique, où ils se sont notamment pris à des pêcheurs et des chasseurs. Des habitants ont réussi à prendre la fuite en direction de Bangassou et à alerter les autorités. Pour le député de Bangassou, Serge Singha Bengba, comme pour les autres personnes interrogées par l'AFP, ces enlèvements sont le fait des rebelles de l'Armée de libération du Seigneur (LRA).
Au total, 44 personnes ont été enlevées, selon Frédéric Kinza, député suppléant de Bangassou 2. « Les LRA ont attaqué les pêcheurs et les chasseurs dans la localité. Le bilan est de 44 personnes enlevées, dont treize enfants et les assaillants ont libéré 31 personnes. [...] Ils ont emporté treize enfants avec eux », explique-t-il.
La LRA, progressivement chassée d'Ouganda, a étendu ses activités à plusieurs zones reculées d'Afrique centrale, notamment en Centrafrique. Le groupe est accusé de nombreuses exactions, notamment d'enlèvements, de meurtres et de recrutement forcé d'enfants.
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Des attaques signalées ces derniers mois
Bien qu'affaiblie, la rébellion conserve des éléments actifs dans certaines régions isolées. Plusieurs enlèvements survenus dans des circonstances similaires lui ont été attribués ces derniers mois dans le sud-est centrafricain. « La zone d'action de la LRA s'élargit et c'est le peuple qui souffre », alerte le député de Bangassou Serge Singha Bengba. « Si, à cause de la LRA, les habitants ne peuvent plus aller au champ, à la pêche ou à la chasse de peur d'être enlevés, c'est vraiment inquiétant », poursuit-il, appelant à un renforcement de la sécurité.
Pour Frédéric Kinza, ces nouvelles attaques font également craindre une réimplantation de la LRA en République centrafricaine. Le sud-est du pays est également en proie aux violences perpétrées par la milice AAKG, qui détient toujours plusieurs otages. Parmi eux figure la sous-préfète de Bambouti, Koumba Ndiaye, retenue depuis plus de six mois.