Maroc: El Hassan Lachguar - Aucun avantage fiscal aux grandes entreprises sans contrepartie stricte et vérifiée en matière de création d'emplois dignes

17 Septembre 2026

Candidat de l'Union socialiste des forces populaires (USFP) dans la circonscription de Rabat-Chellah, El Hassan Lachguar a détaillé, lors d'un entretien accordé au média Febrayer.com, la genèse et la philosophie du programme électoral de son parti pour le scrutin du 23 septembre. Loin de l'improvisation inhérente aux campagnes électorales, il y déploie une vision ancrée dans le temps long, axée sur la redistribution des richesses, la moralisation de la vie publique et l'urgence de la justice sociale.

Une croissance à 5 % couplée à un chômage à 13 % n'est pas une simple anomalie économique, c'est la preuve accablante de l'échec des politiques de l'emploi

L'énigme de la croissance et la protection de l'État

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Le diagnostic de l'USFP part d'un paradoxe tenace : la déconnexion manifeste entre la création de richesse nationale et son impact sur le quotidien des citoyens. El Hassan Lachguar souligne l'incohérence d'une économie qui affiche 5 % de croissance lors d'une année agricole faste, tout en maintenant un taux de chômage à 13 %. Pour corriger ces déséquilibres et assainir la gouvernance, le candidat propose une refonte institutionnelle audacieuse, dont la création d'une « Instance des affaires de l'État ». Conçue comme un véritable ministère public des deniers publics, cette structure aurait pour mission de défendre les intérêts étatiques face aux contrats mal calibrés et de contrôler la régularité juridique et financière des marchés publics.

À cela s'ajoute une volonté farouche d'en finir avec les conflits d'intérêts et la transhumance politique, des dérives souvent motivées par la quête et la préservation de rentes. Il plaide pour une réactivation de la proposition de loi sur l'enrichissement illicite et exige que les déclarations de patrimoine des responsables publics soient rendues accessibles à tous. Dénonçant des formalités administratives actuellement dénuées de toute efficacité de contrôle, il insiste : le patrimoine des élus doit pouvoir être scruté avec transparence tout au long de leur mandat.

L'exigence sociale : de l'économie à l'éducation

Sur le plan économique, la doctrine de l'USFP est catégorique : l'octroi d'avantages fiscaux ou de subventions aux grandes entreprises doit être strictement conditionné à la création avérée d'emplois dignement rémunérés. En parallèle, le programme ambitionne de sanctuariser 30 % de la commande publique pour les très petites, petites et moyennes entreprises (TPME), véritables moteurs économiques du Royaume, trop souvent étouffées par la complexité des procédures.

Le volet éducatif illustre cette même exigence d'équité. El Hassan Lachguar dénonce avec véhémence la gestion actuelle du préscolaire, confiée à des associations qui rémunèrent leur personnel au salaire minimum, voire en deçà. Il y voit une exploitation institutionnalisée de la précarité des femmes marocaines, et plaide pour l'intégration pleine et entière de ce cycle dans l'enseignement public de base. Il fustige également le mirage des « écoles pionnières » qui masque la réalité cruelle des classes surchargées. Quant à l'enseignement supérieur, il s'insurge contre l'instauration de frais d'inscription dans certaines filières universitaires publiques. Pour lui, exiger d'un étudiant modeste qu'il paie pour apprendre brise toute perspective d'ascension sociale et instaure une sélection inique par l'argent plutôt que par le seul mérite.

Proximité culturelle et réalisme politique

Refusant que la culture ne se résume qu'aux grands festivals de prestige, le candidat USFP plaide pour une revitalisation des initiatives de proximité. Il s'indigne de l'abandon des petites salles de cinéma associatives, de l'exil forcé des artisans potiers de Rabat loin du tissu urbain -- là où d'autres nations en feraient des joyaux touristiques -- et de l'indigence de la production éditoriale nationale, bloquée à quelques milliers d'ouvrages par an. Sur le front de la santé, il prône l'instauration immédiate du tiers-payant pour libérer les patients du fardeau de l'avance des frais médicaux.

Aux antipodes de la démagogie et des promesses irréalisables, El Hassan Lachguar revendique un pragmatisme assumé. Il met d'ailleurs au défi l'exécutif sortant de concrétiser immédiatement ses promesses de hausse du SMIG s'il en a réellement les moyens, plutôt que d'agiter des effets d'annonce. En guise de boussole éthique, il convoque la mémoire du leader historique Omar Benjelloun : « La pire forme de répression, c'est la désinformation, parce qu'elle tue la confiance, tue le désir, et décourage les citoyens. » Un rappel à l'ordre salutaire pour préserver l'espérance d'un pays dont l'avenir, assure-t-il, reste plein de promesses.

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