La filière caoutchouc entend désormais renforcer la traçabilité, la digitalisation et les pratiques durables, tout en associant davantage les planteurs à cette transformation.
Cent vingt ans après les premières plantations d'hévéa à Suzannah, au Vietnam, la filière caoutchouc entre dans une nouvelle phase de son développement. Pour marquer cet anniversaire, Siph, filiale du groupe Sifca, a organisé, du 7 au 14 septembre 2026 en France, une semaine consacrée à l'histoire, aux acteurs et aux perspectives de cette filière agricole et industrielle.
Introduit de manière intensive au début du XXe siècle, l'hévéa s'est progressivement imposé comme une activité économique majeure. D'abord développée en Asie du Sud-Est, la culture s'est étendue à plusieurs pays africains. La Côte d'Ivoire figure aujourd'hui parmi les principaux producteurs mondiaux de caoutchouc. Selon les données communiquées par Siph, le pays occupait le deuxième rang mondial en 2025, derrière la Thaïlande.
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Implantée en Côte d'Ivoire depuis 1956, SIPH s'est ensuite développée au Ghana, au Nigeria et au Liberia, après son retrait d'Asie du Sud-Est en 1975. L'entreprise a également participé au développement de l'hévéaculture ivoirienne, notamment à travers la gestion, jusqu'en 1994, du domaine hévéicole de l'État.
La traçabilité devient un enjeu central
Au-delà de cet anniversaire, Siph met en avant les mutations auxquelles la filière est confrontée. Les marchés internationaux accordent désormais une attention croissante à l'origine des matières premières, à leurs conditions de production et à leurs effets sur l'environnement et les communautés.
Dans ce contexte, la traçabilité apparaît comme l'un des principaux enjeux. Elle doit permettre de mieux connaître l'origine du caoutchouc, de sécuriser les chaînes d'approvisionnement et de répondre aux exigences des marchés.
La digitalisation et les outils de géolocalisation sont appelés à jouer un rôle dans cette évolution. Ils peuvent notamment contribuer à identifier les zones de production, à détecter certains risques environnementaux et à mieux suivre les chaînes d'approvisionnement.
L'objectif affiché est d'étendre progressivement ces exigences à l'ensemble de la chaîne, notamment aux planteurs villageois.
Les planteurs au centre de la transformation
Cette évolution pose également la question de l'accompagnement des producteurs. Selon Siph, les planteurs villageois fournissent 80 % de sa production, ce qui en fait un maillon déterminant de la chaîne de valeur.
L'amélioration des pratiques agricoles, la productivité, l'accès aux bonnes pratiques et l'intégration aux dispositifs de traçabilité constituent ainsi des enjeux pour les prochaines années.
La transformation de la filière ne peut donc se limiter aux entreprises de transformation. Elle concerne également les producteurs et, plus largement, l'ensemble des acteurs intervenant dans la chaîne de valeur.
Produire tout en préservant les ressources
La question environnementale constitue l'autre grand défi. Changement climatique, pression sur les ressources naturelles et lutte contre la déforestation obligent les acteurs de la filière à revoir certaines pratiques.
SIPH annonce ainsi la poursuite de ses actions en matière de réduction de l'empreinte carbone, de protection des forêts et de la biodiversité, de gestion de l'eau et de réduction et valorisation des déchets.
L'entreprise entend également inscrire ses activités dans sa trajectoire de développement durable à l'horizon 2030, avec un accent sur la traçabilité, les droits humains, la protection de l'environnement et les conditions de travail.
Après 120 ans d'histoire, le défi posé à la filière caoutchouc est donc moins celui de sa seule expansion que celui de sa capacité à produire, tracer et transformer autrement. Pour les acteurs du secteur, la compétitivité future dépendra aussi de leur aptitude à répondre aux nouvelles exigences environnementales et sociales des marchés internationaux.