Sénégal: Le pays évalue à 150 milliards FCFA le financement de son plan quinquennal d'élimination du paludisme

Dakar — Le plan national d'élimination du paludisme à l'horizon 2030 nécessite une enveloppe de 150 milliards de FCFA, a-t-on appris du coordonnateur du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), Aliou Thiongane.

"Ce plan nécessite un financement d'environ 150 milliards de francs CFA sur les cinq ans, soit 30 milliards par année", a-t-il notamment déclaré lors d'un panel consacré à l'élimination du paludisme au Sénégal.

"Nous avons quitté la phase de contrôle pour aller vers l'élimination", s'est réjoui l'universitaire, notant que le Sénégal a "parcouru presque l'essentiel du chemin" vers l'atteinte de cet objectif.

Selon lui, ces progrès sont le résultat de plus de 30 ans de lutte contre la maladie, marqués notamment par la chimio-prévention, la distribution de moustiquaires imprégnées, le dépistage et la prise en charge gratuite des cas confirmés.

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Le coordonnateur du Programme national de lutte contre le paludisme a toutefois rappelé que 73 des 79 districts sanitaires, soit 92 %, sont actuellement en phase de pré-élimination.

"L'incidence du paludisme est passée de 23 cas pour 1.000 habitants en 2024 à environ 13 cas pour 1.000 habitants en 2025, tandis que le nombre de décès a diminué de 314 à 155 sur la même période", a encore magnifié M. Thiongane.

Il a également évoqué une baisse importante de la morbidité et de la mortalité depuis l'an 2000.

Toutefois, cette évolution impose un changement d'approche, a-t-il relevé, appelant à passer d'une logique de contrôle de masse à une logique de détection, d'investigation et de réponse.

Le financement, principal défi pour atteindre l'objectif fixé à 2030.

Le coordonnateur du PNLP s'est aussi attardé sur le district de Saraya, dans la région de Kédougou (sud-est) considérée comme l'une des "principales zones de forte transmission".

"Son taux d'incidence peut atteindre 500 cas pour 1.000 habitants, en raison notamment de sa position frontalière avec le Mali et la Guinée, de sa forte pluviométrie et des difficultés d'accès aux soins", a-t-il signalé.

À l'inverse, relève-t-il, une dizaine de districts du nord du pays affichent désormais une incidence inférieure à un cas pour 1.000 habitants selon la stratification nationale.

Le directeur de la lutte contre la maladie, le docteur Mamadou Moustapha Diop, a indiqué que 97 % des financements nécessaires à la mise en oeuvre du plan ne sont pas encore disponibles.

Pour y parvenir, fait-il savoir, le ministère de la Santé entend renforcer le plaidoyer auprès du gouvernement, du ministère de l'Économie et des Finances, de l'Assemblée nationale, du secteur privé et des autres départements ministériels.

Dr Diop a également insisté sur la nécessité de maintenir les acquis enregistrés après trois décennies de lutte, en appelant à la mobilisation des autorités, des acteurs communautaires, des chercheurs et des partenaires techniques et financiers.

"Nous avons des acquis qu'il faut d'abord consolider", a-t-il martelé.

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