Les rivières et ruisseaux de la ville de Beni, au Nord-Kivu, sont progressivement transformés en dépotoirs sauvages par des habitants et des transporteurs d'immondices.
Ce phénomène environnemental et sanitaire touche particulièrement les cours d'eau Mabakanga, Kasabi et Kilokwa, dont les berges s'obstruent sous l'accumulation de sacs plastiques, de vêtements usagés et de détritus ménagers.
S'exprimant ce jeudi 17 septembre au micro de Radio Okapi, les riverains dénoncent une dégradation continue de leur cadre de vie, caractérisée par la stagnation des déchets, la prolifération de mauvaises odeurs en saison sèche et des risques accrus de propagation de maladies hydriques.
Protestation des riverains et modes de pollution
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L'accumulation des déchets s'effectue quotidiennement par le déversement direct de seaux et de sacs d'ordures par la population locale ou via l'intervention de tricycles chargés du ramassage urbain.
Plusieurs habitants de la zone expriment leur désarroi face à cette crise d'assainissement :
« Ils mettent les déchets dans les seaux ou des sacs. Quand c'est plein, ils viennent jeter dans cette rivière. S'il pleut, l'eau emporte ces déchets. Quand quelqu'un vient de la ville avec le triporteur, il jette tout dans l'eau ici pour que ça coule. Alors quand il ne pleut pas, il y a des odeurs et ça provoque des maladies ».
Mise en garde de l'autorité locale et sanctions financières
Face à la persistance de ces pratiques inciviques, le chef du quartier Mabakanga, Norbert Kitobi, tape du poing sur la table. Il rappelle que des réunions de sensibilisation ont été menées pour inciter chaque ménage à aménager une fosse à ordures individuelle pour l'incinération des déchets non recyclables.
Norbert Kitobi annonce le passage à une phase répressive comprenant des amendes et des arrestations en cas de flagrant délit, rappelant le principe fondamental selon lequel la préservation des cours d'eau conditionne la santé publique et la vie communautaire.