Sous le thème « Digitalisation, Économie circulaire et Gestion durable des ressources dans le Btp », il s'est tenu un panel de haut niveau le vendredi 18 septembre 2026, au Parc des expositions, sis à Port-Bouët. Il a réuni notamment Moussa Sanogo, ministre de l'Urbanisme, du Logement et du Cadre de vie ; Yacouba Hien Sié, ministre des Infrastructures et de l'Entretien routier ; Lamine Koné, président du Groupement ivoirien du bâtiment et des travaux publics (Gibtp), ainsi que Faciné Sylla, ministre guinéen des Infrastructures et des Travaux publics.
Sous la modération d'Adama Koné, directeur général adjoint de Fraternité Matin, les intervenants ont présenté les priorités de leurs différents secteurs et exposé leur vision du développement des infrastructures en Afrique de l'Ouest.
Dans son discours introductif, le président du Gibtp, Lamine Koné, a salué la présence des délégations ivoirienne et guinéenne, estimant que cette participation illustre la qualité des relations entre les deux pays et leur volonté commune de faire des infrastructures un levier de croissance économique.
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Il a souligné que les ambitions du Plan national de développement (Pnd) 2026-2030 de la Côte d'Ivoire et du programme Simandou 2040 en Guinée traduisent une même dynamique de transformation, portée par d'importants investissements dans les routes, l'énergie, le numérique, les corridors ferroviaires et les infrastructures portuaires.
Pour le président du Gibtp, ces projets offrent une opportunité de renforcer l'intégration économique sous-régionale. Il a toutefois plaidé pour une implication plus forte du secteur privé dans la conception et la réalisation des grands projets structurants.
« Les entreprises ivoiriennes et guinéennes disposent des compétences, des équipements et de l'expérience nécessaires pour accompagner cette transformation. Elles doivent être associées dès l'amont des projets et non seulement lors de leur exécution », a-t-il affirmé, tout en réitérant l'engagement du Gibtp à promouvoir les partenariats et les co-entreprises entre opérateurs des deux pays.
Prenant la parole à son tour, le ministre des Infrastructures et de l'Entretien routier, Yacouba Hien Sié, a rappelé l'importance stratégique du secteur des Btp dans l'économie ivoirienne. Selon lui, cette activité représente environ 8 % du Pib national et constitue le socle du développement territorial et de la performance logistique du pays.
Le ministre a indiqué que l'État de Côte d'Ivoire a investi plus de 7 500 milliards de Fcfa dans les infrastructures entre 2015 et 2025, notamment dans les domaines routier, portuaire, aéroportuaire et ferroviaire. Une dynamique appelée à se poursuivre dans le cadre du Pnd 2026-2030, dont près de 30 % des investissements seront consacrés aux infrastructures.
« Notre ambition est de disposer d'un territoire mieux maillé, plus équilibré et davantage connecté. Les infrastructures sont au coeur de cette vision », a-t-il déclaré.
Au-delà de la réalisation des ouvrages, le ministre a insisté sur la nécessité de faire émerger des opérateurs locaux capables de participer au financement, à l'exploitation et à la gestion des infrastructures, aux côtés des grands groupes internationaux.
À cet effet, il a invité les entreprises ivoiriennes et guinéennes à mutualiser leurs capacités techniques et financières afin d'accéder aux projets majeurs dans les secteurs routier, portuaire, ferroviaire et énergétique. Il a notamment cité les routes à péage, les concessions aéroportuaires, la modernisation du réseau ferroviaire ainsi que le futur corridor ferroviaire reliant le port de San Pedro à la frontière guinéenne.
Yacouba Hien Sié a également mis en avant le rôle du transport ferroviaire dans la transition écologique, soulignant qu'un réseau ferroviaire performant contribue à réduire les émissions de CO₂ tout en renforçant la compétitivité logistique des économies.
En conclusion, le ministre a réaffirmé la volonté du gouvernement d'accorder une place croissante aux entreprises locales dans les marchés publics et les partenariats public-privé. Il a encouragé les acteurs nationaux à mieux se structurer afin de saisir les nombreuses opportunités offertes par les futurs programmes d'investissement.
Faciné Sylla a appelé les investisseurs à s'intéresser davantage aux opportunités qu'offre la Guinée, affirmant que l'Afrique a besoin d'infrastructures à la hauteur de son potentiel. Il a mis en avant les nombreuses possibilités d'investissement dans la construction, l'entretien et la réhabilitation des infrastructures.
Présentant la stratégie nationale « Simandou 2040 », il a souligné la volonté de son pays de privilégier des ouvrages plus durables et de meilleure qualité. Cette ambition repose sur des projets mieux préparés, des financements adaptés et des entreprises performantes. Elle implique également le respect des délais d'exécution et un contrôle qualité.
Les échanges ont ainsi mis en évidence une convergence de vues entre la Côte d'Ivoire et la Guinée autour du développement des infrastructures, avec pour ambition commune de renforcer l'intégration régionale, d'attirer davantage d'investissements et de bâtir des économies plus compétitives et durables.
Les échanges ont donc permis d'aborder les possibilités d'accès aux marchés ivoirien et guinéen, les grands projets d'infrastructures, les mécanismes de financement ainsi que les moyens de renforcer les entreprises nationales.