En Guinée-Bissau, nouveau bras de fer entre le pouvoir militaire et le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC). Le parti d'opposition, qui a porté la lutte pour l'indépendance, est directement concerné par une décision, émise le 14 septembre, qui interdit aux partis politiques d'avoir leur siège à moins de 500 mètres d'une institution souveraine, d'un hôpital, d'une représentation diplomatique ou d'une installation militaire ou paramilitaire. Les formations concernées disposent de sept jours ouvrables pour déménager. Une décision que le PAIGC dénonce à l'approche des élections générales prévues le 6 décembre.
Dans la capitale Bissau, l'imposant siège du PAIGC, lieu historique qui abrite également les archives de la lutte anticoloniale, fait directement face au palais présidentiel, sur la place des Héros nationaux. Le bâtiment est fermé sur ordre du Haut Commandement militaire depuis le coup d'État du 26 novembre 2025 et plusieurs responsables du parti sont en exil à l'étranger.
La décision du Haut Commandement militaire s'appuie sur la loi-cadre sur les partis politiques adoptée en février 2026. Les autorités affirment que la mesure doit permettre de préserver « le climat de paix et de sécurité ». Elle ne cite aucun parti en particulier, mais concerne directement plusieurs formations dont les sièges se trouvent à proximité du palais présidentiel, notamment le PAIGC et le Mouvement pour l'alternance démocratique (MADEM-G15).
Le PAIGC dénonce une «tentative de manipulation des partis politiques»
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Le PAIGC, lui, rejette la mesure. Sa commission permanente l'a qualifiée d'« absolument illégale » et estime que le haut commandement militaire n'a pas compétence pour ordonner l'expulsion d'un parti de ses locaux. Son porte-parole, Muniro Conté, dénonce un acharnement contre les formations politiques et une accentuation de la répression à l'approche des élections législatives et présidentielle prévues le 6 décembre.
« Il y a une tentative de manipulation des partis politiques. Bissau est aussi une petite ville. Il n'y a aucun parti politique qui remplit ces conditions d'être, par exemple, à 500 mètres du palais de la République, des camps militaires, des hôpitaux ou encore des missions diplomatiques. C'est une tentative d'éliminer pratiquement tous les partis politiques. Et cela veut dire que le PAIGC, en tant que parti politique, en tant qu'institution, gêne beaucoup de gens. Comme ils ont essayé à plusieurs reprises de nous éloigner de la conquête électorale, maintenant ils ont changé d'approche. C'est ça, la situation réelle. »