Cote d'Ivoire: 19 septembre 2002 - 24 ans après, la Côte d'Ivoire se souvient de la nuit qui a brisé l'unité du pays

19 Septembre 2026

Il y a 24 ans, la Côte d'Ivoire basculait dans une crise politico-militaire qui allait profondément marquer son histoire. Dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002, des attaques étaient lancées simultanément à Abidjan, Bouaké et Korhogo. Ce qui apparaissait d'abord comme une mutinerie s'est rapidement transformé en rébellion armée. Le pays allait se retrouver durablement divisé.

Le 19 septembre 2002 reste gravé dans la mémoire collective ivoirienne. Cette nuit-là, des militaires prennent les armes dans plusieurs villes du pays. À Abidjan, les forces loyalistes reprennent rapidement le contrôle de la situation. À Bouaké et Korhogo, en revanche, les insurgés prennent le contrôle des principales positions militaires avant d'étendre leur présence à d'autres localités du Nord et de l'Ouest.

Dans la capitale économique, les combats ont également une lourde conséquence politique. Le général Robert Guéi, ancien chef de l'État et auteur du coup d'État de décembre 1999, est tué. Le ministre d'État, ministre de l'Intérieur, Émile Boga Doudou, figure également parmi les victimes. Plusieurs membres de la famille du général Guéi sont aussi tués au cours de ces événements.

Un pays coupé en deux

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La crise prend rapidement une dimension nationale. Le Mouvement patriotique de Côte d'Ivoire (MPCI), implanté principalement dans le Nord, devient la principale force rebelle. D'autres mouvements armés apparaissent ensuite dans l'Ouest. L'ensemble sera regroupé, quelques années plus tard, sous l'appellation de Forces nouvelles, dirigées par Guillaume Soro.

La Côte d'Ivoire se retrouve alors séparée entre une zone contrôlée par les forces gouvernementales et des territoires placés sous le contrôle des forces rebelles. Cette partition va durer plusieurs années. Un rapport des Nations unies rappelle que le pays est resté divisé depuis la révolte de septembre 2002, malgré la signature de l'Accord de Linas-Marcoussis en janvier 2003 et la mise en place d'un gouvernement de réconciliation.

Dans les différentes zones de conflit, les populations civiles paient un lourd tribut. Le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné les violations des droits de l'homme et du droit international humanitaire commises depuis le 19 septembre 2002 et appelé toutes les parties à protéger les civils.

La longue quête de la paix

Face à la persistance de la crise, les initiatives diplomatiques se multiplient. Accords de Lomé, Linas-Marcoussis, Accra I et II, Pretoria, puis Accord politique de Ouagadougou : pendant plusieurs années, les protagonistes ivoiriens et leurs médiateurs cherchent une issue à la crise.

L'Accord politique de Ouagadougou, signé en mars 2007, ouvre une nouvelle étape. Guillaume Soro devient Premier ministre et le processus de réunification du pays est relancé. L'ONUCI accompagne alors les efforts de sortie de crise, notamment dans les domaines du désarmement, de la réintégration des combattants et du rétablissement de l'autorité de l'État.

Mais la page de 2002 ne se referme pas complètement. La crise postélectorale née de l'élection présidentielle de 2010 replonge le pays dans la violence. Les Nations unies estiment à près de 3 000 le nombre de personnes tuées au cours de cette période, tandis qu'environ 300 000 personnes ont été contraintes de fuir.

Se souvenir pour ne pas oublier

Vingt-quatre ans après, le 19 septembre 2002 demeure ainsi davantage qu'une date dans le calendrier politique ivoirien. Il rappelle les fractures qui ont traversé la société, les vies brisées et les années de séparation entre les différentes parties du territoire.

Il rappelle surtout le prix payé par les populations lorsque les différends politiques et institutionnels basculent dans la violence armée.

Aujourd'hui, la Côte d'Ivoire a tourné plusieurs pages de cette histoire. Mais la mémoire du 19 septembre 2002 demeure. Elle invite à regarder le passé avec lucidité et à mesurer la valeur de la paix, du dialogue et des institutions dans la construction d'une nation unie.

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