Congo-Kinshasa: Le commerce en ligne gagne du terrain - Entre opportunités et risques d'arnaques

19 Septembre 2026

Acheter, vendre ou négocier en quelques clics : le commerce en ligne gagne progressivement du terrain en République démocratique du Congo. Sur Facebook, Tiktok, WhatsApp et d'autres plateformes numériques, de plus en plus de vendeurs proposent leurs produits directement aux consommateurs. Des vêtements, de la nourriture, des produits cosmétiques, des produits traditionnels, et même des maisons ou des appartements.

Selon une enquête de Radio Okapi menée à Kinshasa, cette évolution transforme les habitudes de consommation et permet à certains commerçants d'élargir leur clientèle, parfois bien au-delà de leur lieu d'activité. Mais cette facilité s'accompagne aussi de risques, notamment les fausses offres, les arnaques et les abus de confiance.

Pour le professeur Achille Bundjoko Iyolo, expert en usages des technologies numériques, les avantages du numérique vont de pair avec des risques liés à son utilisation.

« Lorsqu'il y a une innovation sociale et surtout celle qui est liée au numérique, il n'y a pas que les bienfaits. Il y a aussi les méfaits. Donc, il appartient à chacun de s'auto-éduquer sur ces technologies-là. »

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Plusieurs utilisateurs de ces plateformes affirment avoir déjà été victimes d'arnaques. C'est le cas de Coucou, qui dit avoir versé un acompte pour deux paires de chaussures qu'elle n'a jamais reçues.

« Lorsque j'ai vu les articles sur une page Facebook, ils m'ont plu. J'ai directement contacté le numéro affiché. J'ai échangé avec un monsieur qui m'a ensuite demandé un acompte de 60 dollars. Il m'a envoyé une facture indiquant une adresse présentée comme celle du bureau de la page. Il m'a dit que la livraison devait intervenir dans les dix jours. Mais cela fait trois ans et je n'ai toujours rien reçu », regrette-t-elle.

Martine affirme s'être ensuite rendue à l'adresse indiquée sur la facture. Elle dit avoir découvert qu'il s'agissait d'une fausse adresse.

La confiance constitue ainsi l'un des principaux enjeux des transactions en ligne, insiste le professeur Achille Bundjoko.

Derrière certaines annonces attractives peuvent se cacher de fausses offres, tandis que l'anonymat relatif des plateformes peut favoriser certaines pratiques frauduleuses.

Pour cet expert, la technologie elle-même n'est toutefois pas responsable de ces dérives.

« Ce n'est pas la technologie elle-même qui a des comportements pervers. Mais c'est l'utilisation de ces technologies-là qui nous amène vers des effets pervers. Parmi les effets pervers, c'est l'arnaque. »

Des utilisateurs appelés à plus de vigilance

Face à ces risques, l'expert insiste sur l'importance d'une meilleure connaissance des outils numériques. Vérifier les informations disponibles sur un vendeur ou une offre, mais aussi comprendre les mécanismes des plateformes, font partie des précautions qu'il recommande aux utilisateurs.

Selon lui, alors que le commerce en ligne continue de se développer en RDC, l'enjeu consiste désormais à concilier la facilité qu'offrent les technologies numériques avec des usages plus responsables et plus éclairés.

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