La territorialisation de la dépense publique prend une place accrue dans la loi de finances rectificative 2026. Plus de 3 200 milliards d'ariary sont orientés vers les territoires, affirme le ministère de l'Économie et des Finances.
Rapprocher le budget des réalités du terrain. C'est un des objectifs de la loi de finances rectificative 2026, selon le ministère de l'Économie et des Finances. Un objectif dont il a présenté le bilan dans un communiqué publié hier.
Dans le cadre de la territorialisation des dépenses publiques, 12 % des budgets étatiques, soit 3 200 milliards d'ariary, sont destinés aux structures territoriales et aux Collectivités territoriales décentralisées (CTD), note le département ministériel. Des fonds publics que l'État central s'applique à mettre à leur disposition suivant leurs priorités et leurs besoins, à s'en tenir à la missive. L'objectif, selon le ministère de l'Économie et des Finances, est d'« accroître l'autonomie de décision et d'investissement au niveau territorial et à permettre une meilleure prise en compte des réalités locales dans la programmation et l'utilisation des ressources publiques ».
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Au-delà du montant des crédits transférés ou orientés vers les territoires, le ministère insiste aussi sur la nécessité d'améliorer la manière dont les dépenses sont programmées et exécutées. À cet effet, il mise sur l'implication des régions et des acteurs locaux dans les programmations budgétaires. Des conférences budgétaires ont alors été menées dans les vingt-quatre régions du pays, toujours dans l'optique d'aligner les décisions budgétaires sur les besoins et priorités locaux. Une initiative renforcée en vue de l'élaboration du projet de loi de finances 2027. L'idée est d'avoir une cohérence entre la programmation des dépenses et les priorités territoriales.
Lourdeur du décaissement
Le but est également « la responsabilisation des acteurs régionaux » et de faire en sorte que les ressources se traduisent concrètement en des actions et des résultats au bénéfice des contribuables, avance la missive ministérielle.
« L'amélioration des services publics » est l'autre aspect de cette territorialisation des dépenses étatiques mise en avant par le département de l'Économie et des Finances. Il s'agit ici de l'ouverture de postes budgétaires au sein de la fonction publique, destinés aux régions. Le ministre parle d'un peu plus de treize mille deux cents postes budgétaires, dont neuf mille dans le domaine de l'éducation. Le département ministériel explique que le financement de cette politique de territorialisation des dépenses repose « sur les efforts de mobilisation des recettes intérieures ».
Le ministère de l'Économie et des Finances annonce ainsi que, du 1er janvier au 16 septembre, les recettes fiscales intérieures sont de 3 990 milliards d'ariary. À la même période l'année dernière, elles auraient été de 3 586 milliards d'ariary. Ces résultats découlent, selon les explications, d'un élargissement de l'assiette fiscale.
« L'élargissement de l'assiette fiscale a permis de recenser 1 608 657 contribuables actifs, auxquels s'ajoutent 35 358 nouveaux contribuables et entreprises nouvellement créées», soutient le département ministériel. La responsabilisation des acteurs régionaux concerne donc également la mobilisation des ressources, notamment fiscales.
« À travers la mobilisation des ressources, leur orientation vers les territoires et une meilleure association des régions à la programmation budgétaire, le ministère de l'Économie et des Finances poursuit ainsi un même objectif : faire du budget de l'État un instrument davantage connecté aux besoins du terrain, tout en renforçant l'efficacité, la transparence et l'impact de la dépense publique », conclut alors le ministère de l'Économie et des Finances.
Toutefois, comme cela avait été souligné par les députés durant le face-à-face avec le gouvernement, durant la 1re session ordinaire du Parlement, la lourdeur des procédures de décaissement des fonds publics retarde considérablement les actions étatiques, mais aussi celles des entités locales. Ce qui fait que le taux d'exécution budgétaire au niveau national, dans la majorité des départements, est faible. Cela est plus criant au niveau régional. Cela indique que les actions publiques sont faibles. Une faille que Mamitiana Rajaonarison, Premier ministre, a reconnue et qu'il s'est engagé à résorber.