La bonne tenue des exportations de l'huile d'olive et des dattes, à côté de l'ouverture de nouveaux marchés, est l'un des leviers stratégiques de l'économie nationale. Cela semble agir sur bien des personnes dont certaines donnent des conseils, tandis que d'autres ont toujours des remarques, parfois désobligeantes, à faire.
De toutes ces confessions, il y a déjà deux remarques à faire. La première porte sur l'activité des responsables du secteur des dattes qui ont multiplié dans le pays, les journées réservées à la vente de ce produit, jadis dominé par les spéculateurs. Des journées où le producteur traite directement avec le consommateur, en veillant à ce que les spéculateurs ne s'emparent des stands, des dattes de très bonne qualité ont été offertes à un public qui a enfin trouvé un produit frais, au prix étudié. Un prix qui a forcément agi sur ceux du marché. Les prix sont restés stables et à la portée du consommateur.
La seconde concerne l'effort déployé pour conquérir d'autres marchés. Notre « Deglet Nour » est tentante. Sa saveur est unique et les gourmets se laissent facilement captiver.
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La campagne a été bonne et on a déjà sorti les calculettes pour faire des estimations en ce qui concerne la présente saison, qui a été enclenchée depuis quelques semaines.
On a donné des chiffres qui annoncent que la qualité sera bonne, mais que la quantité sera légèrement moindre. C'est à voir, car ces chiffres préliminaires sont toujours mis sous influence pour essayer de rehausser le prix de vente.
En ce qui concerne l'huile d'olive, nous pourrions atteindre, d'après Fathi Ben Khalifa, conseiller économique du président de l'Union tunisienne de l'agriculture et de la pêche, qui a affirmé que « la Tunisie est en mesure d'atteindre 10 milliards de dinars de recettes d'exportation d'huile d'olive d'ici à 2030 ».
Ces estimations interviennent alors que l'huile d'olive tunisienne enregistre des chiffres record. Les recettes d'exportation au cours des neuf premiers mois de la campagne 2025/2026 ont atteint environ 4,6 milliards de dinars, avec près de 368.000 tonnes exportées.
Le secteur des dattes, quant à lui, a généré durant les dix premiers mois de la campagne 2025/2026 environ 144.000 tonnes, pour une valeur de plus de 908 millions de dinars, soit une augmentation de 12,2 % des recettes par rapport à la campagne précédente.
Intensifier la culture
Mais c'est la suite de l'intervention qui nous intéresse le plus. En effet, Ben Khelifa a souligné « la nécessité d'intensifier la culture, de ne pas craindre d'accroître la production et de privilégier davantage les exportations ».
Une remarque pertinente qui prend en considération l'avenir de nos futures générations. Elle nous rappelle ce qu'a vécu l'huile d'olive tunisienne avant d'être libérée à la vente par le regretté Hédi Nouira, à l'instigation de feu Abdelaziz Lasram ministre de l'économie nationale, lorsque le Président-directeur général de l'Office de l'huile, lui a appris que notre huile ne trouvait pas preneur et que l'Italie avait proposé de « tout nous acheter en vrac à la condition formelle de ne plus planter d'oliviers pendant vingt ans ! »
Et c'est ainsi que l'huile d'olive tunisienne qui n'était pas autorisée à être écoulée sur le marché national mais exportée, pour avoir des devises a été libérée. « Commençons par consommer notre huile tout d'abord car ces quantités qui s'amoncellent constituent une pression qui fait l'affaire des éventuels acheteurs étrangers » avait on décidé. Depuis, il n'y eut aucun problème de stocks résiduels importants.
C'est dire qu'arrêter de planter des palmiers dattiers et des oliviers, soigner et renouveler les plantations de figues de Barbarie, et autres richesses qui font la réputation de nos exportations, serait une erreur absolument à éviter.
La Tunisie ne perd absolument rien d'avancer ses pions parmi les grands producteurs et nos vergers ne seront que plus engageants, avec des plants précieux auxquels on trouvera toujours un emploi digne de leurs qualités.
Aussi bien au niveau des dattes que de l'huile d'olive, tant que nous exporterons en vrac, nous devons considérer que le travail est encore non pas mal fait, mais qu'il reste beaucoup à faire. Les responsables du secteur en collaboration avec les instances diplomatiques ont déjà raffermi ce secteur qui a besoin de designers de qualité pour innover au niveau de la présentation, de l'enrichissement du produit en lui concevant une valeur ajoutée. Les pâtissiers et autres cuisiniers tunisiens de renoms, qui parcourent le monde et participent à des concours internationaux qu'ils dominent, se chargeront de les mettre en exergue grâce à leur créativité.
C'est la seule condition pour asseoir la présence des produits tunisiens que l'on se contente, pour une bonne partie, de présenter et de vendre en vrac. L'huile tunisienne possède actuellement une présentation qui l'anoblit. A côté, des dattes mieux emballées grâce à la contribution et à la créativité des jeunes opérateurs, pourront, sans aucun doute, créer de nouveaux créneaux qui rapportent gros.