C'est une nouvelle de nature à agiter le spectre de la guerre en Ethiopie. Sept groupes armés hostiles à la république fédérale ont annoncé, le dimanche 20 septembre 2026, la création de la « Coalition des forces populaires éthiopiennes pour la survie ». Cette entité, qui a pour ambition de faire tomber le gouvernement fédéral du Premier ministre, Abiy Ahmed, compte dans ses rangs, le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) et le Mouvement national amhara des Fano.
Le cercle des ennemis du gouvernement éthiopien s'organise avec la mise en place de la nouvelle coalition, ce qui fait redouter un retour à la guerre. Les Ethiopiens ont raison de craindre pour l'avenir, avec cette ligue de rebelles naissante. Les douloureux souvenirs du conflit dans la région du Tigré restent vivaces dans leurs esprits, qu'ils ne sont plus prêts à revivre des moments cauchemardesques. Si elle avait pris fin avec la signature de l'Accord de Pretoria en Afrique du Sud, cette guerre, qui a duré de 2020 à 2022, a fait au moins 600 000 morts.
Ce modus vivendi n'a pas pour autant permis de mettre fin aux hostilités. La question cruciale du désarmement reste un gros défi, tant plusieurs groupes rebelles, dont le TPLF, ont refusé de se plier à cette exigence pour favoriser la paix. Même le mouvement des Fano, qui avait combattu aux côtés de l'exécutif éthiopien, lors de la guerre civile du Tigré, n'a pas adhéré à ce principe. Ce statu quo justifie d'ailleurs la reprise des affrontements dans la région concernée et ses environs, même si on est encore loin de l'intensité de la guerre d'avant. Des tensions militaires ont été enregistrées, ces dernières semaines, attestant de la fragilité de la situation sécuritaire en Ethiopie.
L'environnement n'est manifestement pas favorable à la paix et tend plutôt à une reprise des hostilités avec la coalition des sept groupes opposés à l'Etat fédéral.
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Ce regroupement de rebelles peut-il autant faire trembler le gouvernement d'Abiy Ahmed ? La réalité est tout autre. S'ils ont tous l'exécutif éthiopien dans leur viseur, les groupes armés formant la coalition auront du mal à faire face à la puissance de feu du gouvernement fédéral éthiopien.
Ces dernières années, les dirigeants de ce pays d'Afrique de l'Est se sont dotés d'un arsenal de guerre moderne important, avec des drones de combat de dernière génération, pour faire face à toute adversité. Défaire le gouvernement Abiy Ahmed, qui dispose, par ailleurs,
d'assises politiques solides, ne sera pas une mince affaire à la lumière des éléments exposés.
Aussi, les membres de la coalition ont-ils des contentieux sur le contrôle des terres fertiles dans l'Ouest du Tigré et des divergences idéologiques sur la gestion du pouvoir d'Etat à même de nuire à leur action commune. Leurs intérêts ne vont pas forcément dans le même sens. Certes, la coalition des opposants armés est une menace sécuritaire, mais elle ne saurait en réalité faire vaciller l'exécutif éthiopien.
Les rebelles s'amusent-ils à faire peur pour se mettre en valeur ou vont-ils sérieusement mettre leurs forces en commun pour atteindre l'objectif affiché ? En tous les cas, les autorités éthiopiennes sont préparées à toute éventualité dans un environnement de défiance, dont elles ont parfaitement connaissance. Mais le souhait le plus ardent est que la paix s'installe définitivement en terre éthiopienne.