Afrique de l'Ouest: La CEDEAO est marquée par l'incertitude et de profonds changements

Dakar — La conférence internationale de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) à Dakar se tient dans un contexte de profonds changements et d'incertitude dans la région ouest-africaine et le reste du monde, a relevé Ernest Kofi Abotsi, le doyen de la faculté de droit de l'Université des études professionnelles d'Accra (UPSA), lundi, à Dakar.

"Nous nous réunissons à une époque marquée par de profonds changements et l'incertitude, tant au sein de la communauté internationale que dans la CEDEAO, une période où les dynamiques géopolitiques, la démocratie, les droits de l'homme et l'intégration régionale semblent entrer en tension", a signalé M. Abotsi.

Il intervenait à une conférence internationale de cinq jours de la Cour de justice de la CEDEAO.

"La Cour de justice de la CEDEAO à la croisée des chemins : justice, innovation, protection des droits de l'homme et avenir de l'intégration régionale en Afrique de l'Ouest" est le thème de cette rencontre.

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Ernest Kofi Abotsi pense que la Cour de justice de la CEDEAO est dans une situation "délicate". Elle cherche à "concilier les impératifs de la justice avec les réalités politiques", a relevé M. Abotsi.

Le professeur de droit, directeur associé du cabinet d'avocats Axis Legal Solicitors et président du conseil d'administration d'Accra Technical University estime que la conférence internationale de Dakar va permettre de replacer le débat sur les enjeux de l'heure, de structurer les réflexions en vue d'un avenir idéal pour la CEDEAO et l'initiative de justice régionale en pleine évolution.

Cette rencontre permet également de mesurer l'impact de cette juridiction qui a entamé ses activités sans modèle préétabli, au sein d'une région confrontée à des complexités qui lui sont propres, a-t-il souligné.

Évoquant le thème de la conférence internationale, M. Abotsi considère que les carrefours offrent les opportunités de prendre un "nouveau départ, de faire des choix judicieux et de façonner l'avenir".

Ils peuvent aussi s'avérer périlleux, si les décisions elles-mêmes ne sont pas gérées avec discernement, a-t-il ajouté.

"Face à ce dilemme, on se retrouve propulsé dans un tourbillon de choix - parfois difficiles -, concernant le mandat et l'avenir du projet judiciaire, tout en devant faire preuve de neutralité et d'impartialité au sein de l'écheveau complexe de la politique, de la gouvernance et des enjeux qui y sont liés", a fait remarquer Ernest Kofi Abotsi.

À ses yeux, ces choix cruciaux peuvent ouvrir la voie au succès ou sonner le glas d'institutions prometteuses.

M. Abotsi a relevé les problèmes "multiples" et "interconnectés" qui secouent la région ouest-africaine.

"Les transitions démocratiques et les tensions constitutionnelles se multiplient, tandis que les crises sécuritaires et l'extrémisme violent dominent le paysage géopolitique", a-t-il analysé, relevant l'influence des technologies et de la restructuration économique.

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