La République Démocratique du Congo s'apprête à franchir une dimension significative dans la protection de ses populations et dans le renforcement de l'autorité de l'Etat. En effet, ce mercredi 23 septembre 2026, la Commission Nationale de Contrôle des Armes Légères et des Petits Calibres (CNC-ALPC) va lancer, officiellement, une vaste campagne de Désarmement Civil Volontaire (DCV).
Il s'agit d'une initiative de portée nationale qui prend en compte 13 provinces avec pour objectif de réduire durablement la circulation et la détention illégales d'armes à feu. La cérémonie du lancement se tiendra à Kinshasa, en présence de nombreuses personnalités. Prévue du 23 septembre au 22 décembre 2026, la campagne de DCV entend combattre efficacement l'insécurité, la criminalité et la violence au sein des communautés. Et elle est placée sous le thème : « Faire taire les armes en Afrique d'ici 2030 ».
C'est Landry Bisidi Tshilombo, Secrétaire Permanent de la CNC-ALPC, qui a livré ces informations au cours d'une conférence de presse tenue, lundi 21 septembre 2026, dans la salle Virunga du bâtiment abritant le Ministère de l'Intérieur, à Kinshasa. Face aux hommes et femmes des médias, il a expliqué que l'Etat congolais entend récupérer, concrètement, à travers ce programme, entre trois à six mille armes. Selon des études, il circulerait, en République démocratique du Congo, près d'un million d'armes de façon illégale, a révélé M. Landry Bisidi, dans son allocution face à la presse.
Six axes pour treize provinces
Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn
« Cette campagne constitue un appel à la responsabilité, à la paix et à la protection des vies humaines. Elle s'inscrit dans la volonté du pouvoir public de réduire durablement la circulation et la détention illégale des armes à feu, qui alimentent l'insécurité, la criminalité et la violence au sein de nos communautés. Le choix de lancer cette campagne dans le contexte actuel, notamment pendant la période amnistique, traduit une volonté de privilégier le dialogue, la sensibilisation, la confiance et l'adhésion volontaire », a-t-il indiqué.
En outre, Landry Bisidi a précisé que la CNC-ALPC, sous l'impulsion du Président Félix Tshisekedi, et la détermination du Gouvernement, ambitionne de faire de la campagne de Désarmement Civil Volontaire un exercice de chaque année jusqu'en 2030 pour des retombées plus mesurables. Pour cette année 2026, selon lui, le programme prend en charge six axes majeurs comprenant 13 provinces : Kinshasa, Kongo Central, Tshopo, Tanganyika, Mongala, Tshuapa, Nord-Ubangi, Sud-Ubangi, Equateur, Kasaï Central, Kasaï Oriental et le Kasaï.
« Le désarmement civil volontaire n'est pas une opération dirigée contre les citoyens. Il offre, au contraire, la possibilité de saisir volontairement des armes détenues illégalement, dans un cadre encadré par le pouvoir public et conformément aux dispositions prévues », a-t-il ajouté.
Aucune poursuite judiciaire à l'ordre du jour
A en croire, Landry Bisidi, le Gouvernement congolais, par le biais des services compétents, a pris toutes les dispositions nécessaires afin qu'aucune poursuite judiciaire ne soit engagée contre les volontaires désireux de rendre les armes. En revanche, ils recevront un outil dit de développement pour créer une unité de production socialement digne et acceptable.
« Des mécanismes logistiques et opérationnels sont prévus afin de faciliter la réception, l'identification, l'enregistrement et l'utilisation des armes remises... Le désarmement civil volontaire repose sur la confiance. Les personnes qui détiennent illégalement des armes et qui choisissent de les remettre dans ce cadre prévu doivent pouvoir bénéficier des garanties établies par les dispositifs réglementaires applicables. Les modalités d'identification de remise, de compensation et de traitement des armes récupérées sont encadrées afin d'assurer la transparence du processus. La réussite de cette campagne ne dépend pas cependant uniquement des institutions. Elle exige la mobilisation de toute la société. Les femmes, les jeunes, les chefs coutumiers, les leaders communautaires, les confessions religieuses et les professionnels de médias ont un rôle majeur à jouer », a insisté le SP de la CNC-ALPC.
Rigueur de la loi
Face à la presse, Landry Bisidi a lancé une mise en garde contre tout acte de résistance à l'appel des autorités. Selon ce responsable, les détenteurs d'armes qui refuseraient de se conformer aux lois en vigueur s'exposeront à la rigueur de la loi.
« Notre ambition est claire : réduire la disponibilité des armes illicites, prévenir la violence armée, renforcer la sécurité des communautés et contribuer à construire une société où la sécurité ne repose plus sur la possession illégale d'une arme. A travers cette campagne, nous voulons faire passer un message simple mais puissant. Une arme illégalement détenue peut devenir une source de drame. Une arme volontairement émise peut contribuer à sauver une vie. C'est pourquoi, nous lançons aujourd'hui un appel à toutes les Congolaises et à tous les Congolais concernés. Ne considérons pas le désarmement comme une contrainte, mais comme un acte de responsabilité et de citoyenneté. Remettre une arme illégalement détenue, c'est contribuer à protéger sa communauté, sa famille et son avenir », a sensibilisé le Secrétaire Permanent Landry Bisidi Tshilombo. Pour lui, une arme rendue, c'est un pas de plus vers la paix et le développement.