Le 16 septembre 2023, le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont établi l'Alliance des États du Sahel, une confédération regroupant ces trois États en vue de favoriser une coopération politique, économique et une défense réciproque.
Résumé historique
Depuis 2003, le Sahel est le théâtre d'une insurrection djihadiste à l'origine de multiples conflits dans la région, notamment la guerre au Mali et l'insurrection de Boko Haram au Nigeria. En 2020, le Général Assimi Goita a orchestré un coup d'État au Mali et, en 2022, il a procédé au retrait du Mali du Groupe du G5 Sahel, appuyé par la Communauté internationale. Le Niger et le Burkina Faso ont suivi l'exemple du Mali en 2023. En janvier 2022, un putsch militaire au Burkina Faso a conduit à l'accession au pouvoir du Capitaine Ibrahim Traoré. En juillet 2023, un putsch a renversé le président Mohamed Bazoum au Niger, permettant l'accession au pouvoir du général Abdouramane Tiani.
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En 2022, les autorités maliennes ont résilié les accords de défense avec la France, reprochant aux forces françaises leur incapacité à maîtriser la rébellion islamiste ainsi que leur ingérence dans les affaires politiques internes du pays. En janvier 2023, le Burkina Faso a officiellement résilié ses accords militaires avec la France et a exigé le retrait immédiat de 400 militaires des Forces Spéciales françaises stationnés sur son territoire. En juillet 2023, le gouvernement nigérien a également ordonné le retrait de 1500 militaires français déployés sur son territoire, ce qui a entraîné une rupture diplomatique totale entre la France et le Niger.
Selon Nathalie Yam, chroniqueuse experte des événements en Afrique de l'Ouest, ces trois pays illustrent la trajectoire que l'Afrique devrait adopter. Le conflit relatif à la souveraineté des pays africains suit au moins une orientation nette. Les votes unanimes des pays africains aux Nations Unies en faveur de la France ainsi que les consignes européennes relatives à la conduite des réunions au sein de l'Organisation de l'Unité Africaine, toujours financée par l'Europe, appartiennent désormais au passé. Selon Madame Yamb, les trois États du Sahel progressent favorablement en matière de souveraineté africaine.
Dans ce présent MDW, nous allons actualiser les accueils qui accompagnent la lutte révolutionnaire dans l'un des pays membres de l'Alliance du Sahel. Il s'agit du Burkina Faso, où j'ai effectué deux années de licence en mathématiques (1990-1992) et où j'ai conservé d'excellentes relations avec mes collègues ainsi qu'avec de nombreuses familles. Le président Ibrahim Traoré peut être considéré comme la réincarnation du révolutionnaire Thomas Sankara, qui avait suscité une admiration profonde au sein de la jeunesse africaine.
Ibrahim Traoré est un président qui ne se limite pas à évoquer la souveraineté, mais qui persiste à promouvoir le développement de son pays afin de le libérer des entraves liées à la France. Il s'est tourné vers la Russie et la Chine, non dans l'objectif d'attirer des ingénieurs russes et chinois, mais afin d'obtenir un transfert effectif de technologie. La construction du Burkina Faso repose sur l'expertise des Burkinabè. L'invocation du patriotisme par Ibrahim Traoré s'accompagne de réalisations concrètes sur le terrain. Et c'est précisément ce qui constitue l'avenir de l'Afrique, comme le soutient Nathalie Yamb. Un point de vue que je partage entièrement. Cependant, sur le terrain, un problème majeur se manifeste, dans la mesure où l'ancienne puissance coloniale, la France, conserve encore plusieurs leviers qu'elle mobilise progressivement pour compromettre le projet révolutionnaire du président Ibrahim Traoré.
Un interlocuteur originaire du Burkina Faso rapporte que lors du vol le conduisant de Paris à Ouagadougou, aucun passager d'origine occidentale n'était présent. Son analyse conduit à la conclusion que l'activité commerciale dans ce pays décline de manière progressive mais inexorable. Il exerçait régulièrement la commercialisation d'ordinateurs à Ouagadougou. À présent, il n'est plus possible pour quiconque d'acquérir un ordinateur comme cela se faisait auparavant. En résumé, une très faible quantité de capitaux circule à Ouagadougou. L'administration de Traoré fait preuve de sérieux. Il assure le versement régulier des salaires aux agents de la fonction publique. L'ensemble de mes connaissances employées au sein de l'administration perçoit une rémunération satisfaisante, bénéficiant d'un paiement mensuel régulier. Cependant, l'État ne dispose pas de la capacité d'embaucher l'intégralité de la population active. Les deux tiers de la population burkinabè dépendaient des activités commerciales formelles et informelles pour subvenir à leurs besoins. Aujourd'hui, cette situation tend à s'estomper et la majeure partie de la population se trouve dépourvue des ressources nécessaires à sa subsistance.
Les propositions innovantes d'Ibrahim Traoré sont dignes d'intérêt et illustrent l'orientation que devrait adopter l'Afrique. Cependant, face à une population de plus en plus démunie, la révolution se heurte à des obstacles susceptibles de s'avérer insurmontables et d'entraîner des contre-révolutions pouvant ramener le pays sous la tutelle française.
Les solutions proposées par MDW consistent à former des experts en gestion économique nationale, incluant non seulement des techniciens, mais également des économistes et des anthropologues avisés. Le second effort correspond à l'indépendance dans la création monétaire, constituant un indicateur incontestable de souveraineté. Tant que la France demeurera détentrice du Franc CFA et continuera à fournir cette monnaie aux économies africaines, aucune révolution ne pourra s'imposer. Le chemin demeure encore considérable, néanmoins Traoré progresse favorablement. Tous les pays africains doivent suivre cet exemple, car l'unité constitue une source de puissance.
Les intellectuels de ces pays se doivent de prévoir ces écueils afin de prévenir les obstacles entravant le processus révolutionnaire. La contribution des intellectuels africains consistera également à définir théoriquement les orientations destinées aux révolutionnaires africains. Il n'est plus temps de se laisser totalement asservir à Donald Trump ni de céder les ressources nationales aux impérialistes. Il convient en revanche de développer les compétences locales relatives à l'extraction et à la transformation des minerais au sein du pays détenteur de ces ressources. Il s'agit d'un combat acharné contre un impérialisme dissimulé sous l'apparence d'une démocratie hégémonique.