Washington a annoncé vendredi 18 septembre ne pas avoir renouvelé les sanctions prises en 2021 contre le parti au pouvoir à Asmara et l'armée érythréenne, alors accusée d'exactions dans le conflit dans la région éthiopienne du Tigré.
Un an après avoir renoué le dialogue avec Asmara avec l'aide de l'Égypte, les États-Unis ont décidé de lever les sanctions prises contre l'Érythrée il y a cinq ans afin de « promouvoir les intérêts régionaux des États-Unis », a indiqué le département d'État américain. « Il est temps d'adapter notre politique étrangère aux réalités actuelles », a déclaré l'un de ses porte-parole.
Changement majeur dans la politique américaine selon plusieurs observateurs, cette décision a été motivée par des questions de sécurité autour de la mer Rouge qui relie la mer Méditerranée à l'océan Indien via le détroit de Bab el-Mandeb. Alors que cette route commerciale, par laquelle transite 10 % à 12 % du commerce mondial, se trouve désormais sous la menace d'attaques des rebelles Houthis du Yémen, l'Érythrée, qui la borde également avec plus de 1 000 kilomètres de côtes, occupe en effet une position géographique très stratégique.
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Mais aux yeux de Washington, le pays possède également un autre atout : sa présence dans la Corne de l'Afrique, région qui fait l'objet d'une compétition accrue entre les grandes puissances qui souhaitent toutes y être présentes. La Chine a en effet massivement investi dans des infrastructures dans la région, notamment à Djibouti, tandis que la Russie cherche à acquérir un port un peu plus au nord, sur la côte soudanaise.
« Washington cherche désormais à renforcer ses relations avec les États bordant la mer Rouge » - dont l'Érythrée -, estime ainsi Cameron Hudson, chercheur au Centre pour les études stratégiques et internationales.