Au Royaume-Uni, un homme a été inculpé pour la première fois par la justice britannique, lundi 21 septembre, pour son rôle présumé dans le génocide des Tutsis au Rwanda en 1994. Médecin de 65 ans, Vincent Brown, Rwandais naturalisé Britannique qui s'appelait autrefois Vincent Bajinya, est poursuivi pour acte lié au génocide, et pour six actes liés à des meurtres constitutifs de crimes contre l'humanité. Des poursuites demandées par Kigali depuis de nombreuses années.
Pour le président de l'association de survivants Ibuka, Philibert Gakwenzire, l'inculpation de Vincent Brown suscite un « sentiment mitigé ». Trente-deux ans après les faits, c'est une preuve, selon lui, de la lenteur de la justice.
Mais l'évolution de l'affaire démontre aussi, poursuit-il, « que le crime de génocide est imprescriptible » et que « tout État est appelé à faire respecter ce principe ».
Le Royaume-Uni a pendant longtemps été l'un des seuls pays européens à n'avoir ni inculpé officiellement de résidents sur son sol suspectés de génocide contre les Tutsis, ni procédé à des extraditions vers Kigali. Un point de friction entre les deux pays.
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Contacté, le porte-parole du bureau du procureur rwandais, Faustin Nkusi, affirme que la mise en accusation annoncée cette semaine est une « avancée importante ». « Nous espérons que des mesures similaires seront prises concernant les quatre affaires restantes », ajoute-t-il, affirmant rester déterminé à poursuivre la coopération.
Depuis plusieurs années, le Rwanda a signalé au Royaume-Uni que cinq hommes suspectés d'avoir participé au génocide, dont Vincent Brown, se trouvent sur le territoire britannique. Dans un communiqué, la commandante de la police antiterroriste de Londres assure que « plusieurs autres enquêtes sont toujours en cours ».