Angola: Le Chef de l'État juge désastreux le bilan des guerres dans le monde

New York — Le président de la République d'Angola, João Lourenço, a qualifié ce mardi, aux Nations unies, de « désastreux » le bilan des guerres dans le monde, en raison de leurs conséquences sur la sécurité alimentaire, énergétique et humanitaire ainsi que de la menace de rupture des chaînes d'approvisionnement.

Lors de son discours à la 81e session de l'Assemblée générale des Nations unies, le chef de l'État angolais a souligné que l'entrave à la liberté de circulation maritime dans les détroits d'Ormuz et de Bab-el-Mandeb figurait parmi les conséquences de ces conflits, une situation ayant engendré un risque sérieux de perturbation des chaînes d'approvisionnement logistiques, alimentaires et énergétiques.

Selon João Lourenço, les effets de cette situation sont « dévastateurs » pour les pays les plus vulnérables, alors que la sécurité alimentaire, énergétique et humanitaire des nations et du monde en général s'est considérablement dégradée depuis le déclenchement des guerres contre l'Ukraine et, plus récemment, contre l'Iran.

Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn

Le Président de la République a affirmé que la tentative de domination, par la force des armes, de pays et de régions entières du globe conduisait le monde vers une situation de catastrophe.

« Nous vivons aujourd'hui dans un climat d'anarchie mondiale où le recours à la force l'emporte sur la force de la raison et du droit, en contradiction flagrante avec les normes régissant les relations internationales », a-t-il déclaré.

João Lourenço a également condamné ce qu'il a qualifié de génocide à l'encontre de populations sans défense, incluant personnes âgées, femmes, enfants, malades alités, professionnels de santé, journalistes et travailleurs d'organisations humanitaires internationales.

Selon le Chef de l'État, nombre de ces personnes sont privées d'accès aux droits humains les plus élémentaires ainsi qu'à des biens essentiels à la vie, tels que l'eau, la nourriture et les médicaments.

L'expulsion des Palestiniens de leurs foyers et de leurs terres, résultant de l'expansion des colonies juives en Cisjordanie, doit, selon João Lourenço, susciter « la plus vive réprobation et une condamnation internationale ».

Le Président de la République a également exprimé sa préoccupation face à la marginalisation et à la violation des règles régissant les relations internationales, marquées, a-t-il affirmé, par la prédominance de la logique de la force, de l'intimidation et de l'imposition de valeurs découlant de la vision unilatérale de certains pays défendant leurs intérêts exclusifs.

Pour João Lourenço, l'instabilité observée dans plusieurs régions du globe est une conséquence directe de cette attitude, comme en témoignent les conflits en cours en Europe, au Moyen-Orient, dans le golfe Persique et en Afrique, alors que les tensions s'intensifient dans la région Asie-Pacifique.

Le Chef de l'État a déclaré ne percevoir aucun « signe encourageant » quant à la probabilité de parvenir prochainement à un accord de paix concernant la guerre entre la Russie et l'Ukraine, le conflit israélo-palestinien au Moyen-Orient ou la situation dans le golfe Persique.

Face à ce constat, João Lourenço a plaidé pour une réflexion approfondie au sein des Nations unies -- institution qu'il considère comme la seule à jouir d'une légitimité mondiale et à rassembler toutes les nations -- afin de trouver les meilleures solutions pour parvenir à une paix globale.

« Notre appel vise à ce que nous agissions avec sagesse et courage pour restaurer le rôle central des Nations unies, ainsi que leur responsabilité et leur rôle irremplaçable dans le maintien de la paix mondiale », a-t-il déclaré.

La 81e session de l'Assemblée générale des Nations Unies, officiellement ouverte le 8 septembre, a pour thème « Restaurer la confiance, gérer la transformation : une Organisation des Nations Unies qui produit des résultats pour tous », reflétant la pertinence du renforcement des capacités du système multilatéral pour répondre efficacement aux défis mondiaux émergents.

Elle est présidée par l'ambassadeur Khalilur Rahman, représentant permanent du Bangladesh auprès des Nations Unies, élu en juin dernier selon le principe de rotation géographique entre les groupes régionaux de l'ONU pour un mandat d'un an ayant débuté ce mois-ci.

L'Assemblée générale des Nations Unies est le principal organe délibérant, représentatif et normatif de l'ONU ; elle réunit les 193 États membres pour débattre des grandes questions de l'Agenda international et adopter des orientations politiques sur des sujets liés au maintien de la paix et de la sécurité internationales.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.