Congo-Brazzaville: Digitalisation de l'état civil - L'administration du territoire réceptionne les documents techniques

Le directeur général de l'Agence congolaise des systèmes d'information (ACSI), Lord Marhyno Gandou, a remis le 22 septembre au préfet, directeur général de l'administration du territoire, Jacques Jean-Luc Nyanga, des documents relatifs à l'opérationnalisation du Système intégré des faits d'état civil (SIFEC).

Conçue et développée par l'ACSI, sous l'impulsion de la Direction générale de l'administration du territoire, cette solution logicielle s'inscrit dans le cadre du projet de modernisation de l'état civil. Le but étant d'en réviser le cadre juridique, améliorer les infrastructures et digitaliser le processus d'enregistrement des faits de l'état civil et de production des statistiques à travers le SIFEC.

Les documents techniques de ce logiciel ont été remis en marge de l'atelier de présentation officielle des fonctionnalités de cette plateforme numérique, qui s'est tenu à Kintelé. Le directeur de l'état civil, Rachment Kassambé Pourou, s'est réjoui du fait que cette application permettra de relever les nombreux défis auxquels le système d'état civil fait actuellement face.

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Il a notamment cité la lenteur administrative, la fraude documentaire, la vulnérabilité des supports et le manque d'interopérabilité entre les services concernés de la chaîne de l'état civil. « Cette solution logicielle n'est pas qu'un simple outil informatique. C'est une véritable réforme qui va apporter une réponse technologique complète, sécurisée et souveraine », a-t-il souligné.

Le directeur général de l'ACSI a, de son côté, rappelé qu'aucune nation ne peut prétendre à l'émergence, à la compétitivité et à l'efficacité de son action publique sans investir résolument dans le numérique et dans la maîtrise des systèmes d'information. Selon Lord Marhyno Gandou, au-delà de ses performances technologiques, le SIFEC est un outil de gouvernance, car gouverner efficacement exige aujourd'hui de disposer d'une information fiable, accessible et sécurisée.

« À travers cet outil, nous mettons à la disposition du ministère de l'Intérieur et de la Décentralisation un instrument qui va améliorer significativement la gestion des naissances, des décès, des mariages et d'autres mentions marginales.

Ce qui permettra d'assurer une meilleure conservation des données et de renforcer la fiabilité des informations produites par l'administration », a-t-il déclaré, précisant que l'état civil représente le socle de toute organisation étatique moderne et est le point de départ de l'identité juridique du citoyen. Il a, par ailleurs, réaffirmé l'engagement de l'ACSI à accompagner le ministère en charge de la Décentralisation dans la modernisation de l'état civil.

Les sept prochaines étapes attendues

Le préfet, directeur général de l'administration du territoire a, quant à lui, rappelé que l'Afrique est entrée depuis août dernier, dans une nouvelle phase de modernisation des systèmes d'état civil avec la décennie 2027-2036. Cette nouvelle décennie s'appuie, a-t-il expliqué, sur trois orientations : l'opérabilité pour mieux relier les services publics ; la décentralisation pour rapprocher l'état civil des populations ; la digitalisation pour accélérer les procédures.

L'objectif est, a poursuivi Jacques Jean-Luc Nyanga, de permettre aux différents systèmes publics de mieux communiquer entre eux, de rapprocher les services des populations et de réduire progressivement la dépendance aux usages exclusifs du papier.

D'après lui, la réception de cet outil est une étape importante de l'arrimage Congo à la modernité parce qu'un état civil digitalisé et fonctionnel est une infrastructure de gouvernance, de stabilité et de développement. La digitalisation permet d'éviter, a-t-il dit, les doublants d'actes d'état civil et la fraude d'identité tout en garantissant les systèmes de sauvegarde et de protection des données.

« La réception de cet outil informatique ne constitue pas une fin en soi, mais bien le point de départ d'une transformation profonde de nos pratiques administratives. Afin de garantir le succès de la mise en oeuvre et l'appropriation effective du SIFEC, il nous faut de la rigueur collective, de la probabilité et surtout l'engagement sur le terrain. J'en appelle donc à la conscience professionnelle de chaque acteur impliqué pour faire de ce projet une réussite éclatante au service des usagers et être en phase avec les instructions du ministre de l'Intérieur et de la Décentralisation », a conclu Jacques Jean-Luc Nyanga.

Notons qu'après la remise du SIFEC au ministère de tutelle, sept autres étapes sont prévues. Il s'agit, entre autres, de la réalisation d'un état des lieux, la centralisation des données, la formation des utilisateurs du système, de la finalisation de la loi relative à l'état civil au Congo (phase 2 relative à la digitalisation. À cela s'ajoutent, des voyages d'étude ou d'échange expérience entre le Congo et la Côte d'Ivoire, la communication et conduite du changement sur le SIFEC, ainsi que le déploiement du système.

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