La Banque nationale d'investissement (Bni) entend renforcer son positionnement dans le financement du secteur minier ivoirien tout en veillant à préserver la qualité de son portefeuille. Cette ambition a été au centre de la troisième édition de la Journée des risques de l'institution, organisée le mardi 22 septembre 2026, autour du thème : « Le secteur minier comme moteur de croissance : enjeux, opportunités et maîtrise des risques pour la Bni ».
En procédant à l'ouverture de la journée, le directeur général de la Bni, Youssouf Fadiga, a souligné l'importance pour la banque de concilier son rôle d'accompagnateur du développement économique avec les exigences de prudence qui garantissent sa solidité financière.
« Toute opportunité de croissance s'accompagne de responsabilité », a-t-il déclaré, estimant que le défi pour la Bni ne consiste pas uniquement à identifier des projets porteurs, mais aussi à déterminer les meilleures conditions pour accompagner la transformation économique du pays « avec ambition, discernement et rigueur ».
Le secteur minier, un gisement d'opportunités à encadrer
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Selon le dirigeant de la banque, l'industrie minière offre des perspectives importantes en termes d'investissements, de création de richesse et de développement d'activités connexes. Cependant, son financement exige une parfaite compréhension de ses spécificités, notamment des acteurs, des cycles d'exploitation, des modèles économiques et des risques inhérents au secteur.
Dans cette optique, la Banque ambitionne d'accompagner les opérateurs stratégiques de la filière tout en maintenant la qualité de ses engagements financiers. Cette orientation s'inscrit dans la volonté de bâtir un portefeuille de crédits à la fois performant, résilient et créateur de valeur.
Pour atteindre cet objectif, Youssouf Fadiga a mis en avant plusieurs leviers essentiels, notamment la qualité des analyses, la pertinence de la structuration des financements, la fiabilité des informations disponibles ainsi qu'un suivi rigoureux des engagements pris par les emprunteurs.
Faire de la maîtrise des risques un avantage stratégique
Au-delà des mécanismes techniques, le directeur général a insisté sur la nécessité d'ancrer une véritable culture du risque au sein de l'établissement. « La maîtrise des risques est une responsabilité collective », a-t-il rappelé, soulignant que chaque direction, chaque fonction et chaque collaborateur contribue à la préservation de la qualité du portefeuille de la banque.
Pour lui, la gestion des risques ne doit pas être perçue comme un frein au développement des activités, mais plutôt comme un outil permettant de sécuriser les ambitions de l'institution, d'améliorer la pertinence des décisions et de soutenir durablement sa performance.
L'intelligence artificielle au service de la gestion des risques
Les réflexions de cette troisième édition ont également porté sur les mutations technologiques et leur impact sur les métiers de la banque.
À ce sujet, Youssouf Fadiga a mis en avant les opportunités offertes par l'intelligence artificielle et l'exploitation des données pour renforcer les capacités d'analyse, détecter plus rapidement les signaux de risque et optimiser le pilotage du portefeuille de crédits.
Il a toutefois précisé que ces innovations doivent demeurer au service d'une gouvernance rigoureuse et d'une prise de décision éclairée par l'expertise humaine.
Les échanges ont ainsi permis d'explorer à la fois les opportunités de croissance liées au secteur minier, les enjeux associés au risque de crédit et les nouvelles perspectives ouvertes par les technologies dans l'anticipation et la gestion des risques.
Une responsabilité partagée à tous les niveaux de la banque
Intervenant à son tour, le directeur de la gestion des risques, Bernardin Tabé, a rappelé que cette rencontre s'inscrit dans la continuité des précédentes éditions, dont l'une avait été consacrée au secteur immobilier.
Selon lui, l'objectif est de permettre à la Banque de mieux comprendre les évolutions de l'économie ivoirienne et d'adapter ses dispositifs d'analyse ainsi que ses mécanismes de surveillance aux nouveaux secteurs de financement. « La culture du risque ne relève pas uniquement de la responsabilité de la Direction de la gestion des risques. Elle est l'affaire de tous », a-t-il insisté.
La rencontre a mobilisé partenaires, experts, panélistes et collaborateurs de la banque, avec une participation à la fois en présentiel et à distance.
Un appel à transformer les échanges en actions concrètes
Youssouf Fadiga pour terminer a exhorté les équipes de la Bni à considérer la maîtrise des risques comme un véritable levier stratégique de compétitivité.
Selon lui, celle-ci ne doit pas être vue comme un obstacle à la croissance, mais plutôt comme la condition indispensable à sa pérennité.
« Non pas une simple obligation mais une culture, non pas la responsabilité de quelques-uns mais l'engagement de tous », a-t-il affirmé, avant de déclarer officiellement ouverte la troisième édition de la Journée des risques.
Le directeur général a enfin invité les participants à privilégier des échanges pragmatiques et orientés vers l'action afin de transformer les enseignements tirés de cette rencontre en engagements durables pour l'avenir de la banque.