La lutte contre la corruption ne peut se limiter aux sanctions. Pour être efficace et durable, elle doit s'appuyer sur une adhésion collective et faire naître, au sein de la société, un véritable rejet de la corruption. C'est la conviction défendue par Épiphane Zoro Bi Ballo, président de la Haute autorité pour la bonne gouvernance (Hagb), à la Une du numéro 52 du magazine Esprit.
Dans cet entretien, le premier responsable de la Habg revient sur sa vision de la bonne gouvernance et sur son engagement en faveur des droits humains, deux combats qu'il relie à son parcours personnel et aux expériences qui ont marqué sa jeunesse. « Mon enfance et mon adolescence ont été marquées par un environnement international fait de discrimination, fait de ségrégation », confie-t-il.
Des réalités qui ont nourri chez lui une profonde sensibilité aux questions de justice, d'égalité et de respect des droits humains. Pour Épiphane Zoro Bi Ballo, l'un des principaux défis de la lutte contre la corruption demeure l'appropriation de ce combat par les populations.
Selon lui, aucun progrès durable ne sera possible tant que le refus de la corruption ne deviendra pas un réflexe partagé par l'ensemble des citoyens.
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Cette vision s'inscrit dans un parcours professionnel fortement marqué par les questions de justice et de gouvernance. Originaire de Sinfra, il débute sa carrière en 1996 comme juge de section adjoint avant d'occuper plusieurs fonctions liées à l'administration judiciaire, aux droits humains et à la coopération internationale.
Ancien ministre de la Promotion de la bonne gouvernance, du Renforcement des capacités et de la Lutte contre la corruption, il a notamment coordonné le projet de « Restauration progressive du système judiciaire pénal » en République démocratique du Congo.
Son engagement l'a ensuite conduit au Carter Center où, en qualité de Représentant résident, il a piloté plusieurs programmes dédiés à la promotion des droits de l'Homme et au renforcement de la coopération technique judiciaire.
À travers ce numéro 52 d'Esprit, Épiphane Zoro Bi Ballo livre ainsi une réflexion sur les fondements de son engagement, sa conception de la bonne gouvernance et les défis à relever pour bâtir une société davantage attachée aux valeurs de transparence, de justice et d'intégrité.