Dans son programme électoral, l'Union socialiste des forces populaires érige l'éducation en pierre angulaire de son projet de société. Convaincu que l'école publique demeure le levier par excellence de la justice sociale et de l'égalité des chances, le parti de la Rose pose un postulat programmatique fort : le véritable investissement dans l'avenir de la nation commence par le redressement de son système éducatif.
Refusant la fatalité de l'attente, la formation ittihadie ambitionne de bâtir une école des opportunités, capable de libérer les potentialités de chaque enfant du Maroc, indépendamment de sa condition sociale ou de son lieu de naissance. Pour concrétiser cette vision, la feuille de route s'articule autour de six axes majeurs, embrassant la lutte contre la déperdition scolaire, la généralisation du préscolaire, la revalorisation de l'infrastructure publique, la centralité de l'enseignant, la transition numérique et l'adéquation avec les métiers de demain.
Le premier combat de ce chantier éducatif s'attaque directement à l'une des failles structurelles les plus douloureuses du système, celle de la déperdition scolaire et du décrochage précoce. L'USFP fixe un objectif chiffré et volontariste : abaisser le taux de sortie prématurée du système sous la barre des 2% dans l'enseignement obligatoire d'ici 2030.
Pour y parvenir, le programme déploie un système d'alerte précoce permettant d'identifier en amont les élèves vulnérables et d'intervenir avant que l'abandon ne devienne irréversible. Cette vigilance s'accompagne d'un renforcement substantiel des programmes de soutien social -- bourses, transport, cantines et internats -- en faveur des familles démunies, notamment dans les mondes rural et périurbain. L'instauration d'écoles de la deuxième chance pour les jeunes déjà déscolarisés et l'intensification du soutien pédagogique gratuit complètent ce dispositif de sauvetage et de réinsertion.
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L'exigence d'égalité commence bien avant l'entrée dans le cycle primaire, ce qui justifie le deuxième volet consacré à la généralisation du préscolaire. Considérant que la fracture cognitive se creuse dès les premières années, le parti propose de rendre l'enseignement préscolaire accessible, gratuit et qualitatif pour l'ensemble des enfants dès l'âge de quatre ans.
Cet objectif passe par la construction et l'équipement d'unités dédiées dans toutes les communes rurales et les quartiers sous-équipés, par la qualification des éducatrices et éducateurs selon des standards nationaux unifiés, ainsi que par l'adoption de programmes modernes stimulant l'éveil linguistique et social, en synergie étroite avec les collectivités territoriales et la société civile.
Restaurer la confiance collective dans l'enseignement public constitue le troisième pilier de cette stratégie, afin d'enrayer l'exode vers le secteur privé faute d'alternatives dignes de ce nom. L'USFP s'engage à réhabiliter en profondeur les établissements scolaires en les dotant de laboratoires scientifiques, de bibliothèques modernes et d'espaces culturels et sportifs adaptés.
La lutte contre la surcharge des classes, par la création de nouvelles structures dans les zones à forte densité démographique, s'accompagnera d'une refonte des programmes scolaires centrée sur l'esprit critique, la maîtrise des langues et l'innovation. En octroyant une plus grande autonomie de gestion aux établissements adossée à une exigence de contractualisation sur les résultats, le parti entend insuffler une culture managériale rigoureuse au sein de l'institution.
Au coeur de cette refondation se trouve l'enseignant, érigé non pas en simple exécutant, mais en véritable architecte de la réforme dans le quatrième volet. L'USFP place la revalorisation de la situation matérielle et professionnelle du corps enseignant au centre des priorités, à travers un système équitable et incitatif fondé sur la compétence et le mérite. Cela implique la mise en place d'un dispositif national de formation initiale et continue en phase avec les mutations pédagogiques, l'amélioration drastique des conditions de travail sur le terrain, ainsi qu'un accompagnement psychologique, social et juridique garantissant la plénitude de sa mission.
Le cinquième volet s'attelle à combler le retard numérique de l'école marocaine pour la propulser dans les standards du XXIe siècle. Il s'agit de généraliser la connexion internet à haut débit dans l'ensemble des établissements du Royaume, de les équiper en tablettes, tableaux interactifs et laboratoires informatiques, et d'intégrer progressivement l'intelligence artificielle et la programmation dans les cursus. Chaque élève et chaque enseignant se verra attribuer une identité numérique pédagogique, ouvrant la voie à des espaces d'apprentissage individualisés et ouverts.
Enfin, le sixième engagement parachève cette architecture en connectant directement l'école aux mutations fulgurantes du marché du travail. En arrimant les cycles secondaire et supérieur aux besoins réels de l'économie nationale, en renforçant l'apprentissage des langues étrangères tout en sanctuarisant la place de la langue arabe et l'ouverture sur l'amazighe, et en systématisant l'orientation précoce, l'USFP dote le système éducatif d'une boussole prospective.
L'intégration de l'éducation à la citoyenneté, à l'entrepreneuriat et au développement durable, combinée à la création d'un conseil national de prospective des compétences, garantit que l'école publique redevienne l'ascenseur social tant espéré et le premier garant d'un développement équitable pour la jeunesse marocaine.