Aux Comores, les accusations de l'ancien ministre Mahamoud Salim Hafi contre la Convention pour le renouveau des Comores continuent de faire réagir. Après avoir accusé l'Exim Bank, cette dernière porte à son tour l'affaire devant la justice contre Mahamoud Salim Hafi pour diffamation et fausses informations.
L'ancien ministre affirme que des fonds suspects auraient transité par un compte du parti au pouvoir, la Convention pour le renouveau des Comores (CRC), via l'Exim Bank, avant d'être reversés dans les poches de certains cadres.
Mais selon Charafate Mohamed, directrice générale par intérim de l'Exim Bank, la CRC n'a jamais eu de compte dans son établissement. Elle affirme avoir informé la Banque centrale et se tient disponible pour tout contrôle, tout en assurant qu'aucune preuve de blanchiment ou de corruption n'a été apportée.
« Nous souhaitons aussi rappeler que la banque repose sur un pilier très important qui est la confiance. La confiance de nos clients », soutient Charafate Mohamed, « diffuser de fausses informations dépasse le cadre de l'Exim car cela inquiète les déposants, perturbe les partenaires des banques et fragilise aussi l'écosystème bancaire et économique du pays. »
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Au sein de l'opposition, Mohamed Rafsandjani, leader du parti Ushe, dit rester prudent sur les accusations. Il estime que cette crise révèle surtout la manière dont le pouvoir gère ses propres divisions.
« C'est un parti qui se vit comme un parti unique. Et donc on est dans la logique générale d'un pays qui est totalement délaissé, à l'abandon, alors que, eux, sont occupés par les intrigues internes de leur parti, de leur ambition personnelle et politique », estime l'opposant, selon qui les leaders politiques vivent dans une réalité parallèle qui ne fait pas les affaires du peuple.
Une première audience est prévue jeudi 24 septembre au tribunal correctionnel de Moroni.