La dissolution du gouvernement de transition et la formation d'un gouvernement intérimaire par le président Salva Kiir le 22 septembre, afin d'organiser des élections fin décembre, suscite de forts remous au sein de la scène politique sud-soudanaise. C'est un rejet total du processus électoral tel qu'annoncé selon le parti de Riek Machar, démis de ses fonctions de vice-président lors de cette dissolution. La possibilité de la tenue d'un scrutin crédible dans moins de trois mois suscite de nombreuses interrogations, tout comme la concentration du pouvoir entre les mains du président.
Privé de liberté depuis mars 2025, accusé de crimes de guerre et jugé à Juba par un tribunal spécial, voilà Riek Machar désormais exclu du gouvernement. Six années après son retour à Juba pour partager le pouvoir avec Salva Kiir en vertu de l'accord de paix de 2018, son parti dénonce ce mercredi les réformes « unilatérales » prises pour organiser les premières élections du pays.
La formation dit « rejeter dans son totalité tout processus électoral mené dans ce cadre vicié » et renchérit : « poursuivre une telle démarche revient tout droit à replonger le pays dans la violence ».
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« Un coup d'État a eu lieu au Soudan du Sud » écrit pour sa part l'analyste Remember Miamingi dans une tribune publiée sur le média en ligne Radio Tamazuj. « Il n'a pas été perpétré par une suspension formelle de la Constitution, mais en la contournant dans la pratique » ajoute-t-il.
À Juba, trois candidats ont déjà annoncé leur intention de se présenter à l'élection présidentielle face au très probable candidat Salva Kiir. Tout en déplorant déjà le manque de neutralité du gouvernement intérimaire chargé d'organiser le scrutin.