Bénin: Des habitants dénoncent un déguerpissement près de la lagune de Cotonou, le gouvernement se défend

Au Bénin, l'heure est aux premiers déguerpissements sous Romuald Wadagni, quatre mois seulement après son arrivée à la présidence. Sur la route entre Cotonou et Ouidah, des maisons portent désormais l'inscription « à détruire ». Les bulldozers sont à l'oeuvre et les propriétaires n'ont que quelques jours pour partir. Les autorités leur reprochent de s'être installés dans la bande de 25 mètres que la loi protège, au bord de la lagune. Eux crient à la brutalité, et s'étonnent qu'un chef de l'État qui a promis de mettre le social au premier plan commence ainsi.

Tout est allé très vite. Dès la semaine du 13 septembre 2026, des agents ont marqué sur les clôtures des propriétés jugées implantées dans le domaine public, « à détruire ». Les occupants ont sept jours pour partir.

On sauve mobiliers, tôles, briques, portes et fenêtres avant l'arrivée des bulldozers. « Rien ne marchait avant dans le pays. C'est une épreuve en plus, cela nous surprend », lance l'un d'entre eux. « C'est très difficile, souligne un autre. Dans quel but ? Pourquoi ? Nous sommes des enfants du pays ».

« Sans communication, sans sensibilisation »

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Un Béninois de la diaspora est également touché. Ce Parisien est acquéreur dans la zone depuis vingt ans, avec tous ses titres de propriété. Il a reçu un avis de démolition partielle sous sept jours. Il condamne la méthode « sans communication, sans sensibilisation préalable », dénonçant une « méthode brutale ».

Une mesure difficile mais indispensable, répond le porte-parole du gouvernement du Bénin, Wilfrid Houngbédji : « Aujourd'hui, on observe une occupation anarchique de la berge et du plan d'eau, ce qui se traduit par une obstruction des exutoires naturels et des plans d'eau, sources d'inondations et de discontinuité dans les travaux d'asphaltage en cours. Et si on ne fait rien aujourd'hui, cela pourrait être pire demain. »

Des mesures « pour ceux qui ont été en règle »

L'opération, assure-t-il, s'accompagne d'un volet social : « Pour ceux qui ont été en règle vis-à-vis des textes, il est prévu que l'on procède au rachat des propriétés à dégager. »

De bonne source, les délais pourraient être largement rallongés, le calendrier initial étant jugé irréaliste.

Un opposant ironise : « Après les déguerpissements de Patrice Talon [président du Bénin de 2016 à 2026, NDLR], voici ceux de son successeur. Nous sommes dans la continuité. »

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