Les attaques récentes des troupes Djihadistes survenues entre vendredi 18 et samedi 19 Septembre 2026, à un poste de sécurité aux alentours de Bamako et au centre du pays, cumulées avec celle du 10 septembre, n'ont pas fini de révéler leurs secrets, notamment sur le timing de leur déroulé. Certains observateurs y voient d'ailleurs un signal plein de symboles.
S'il est vrai qu'en termes de bilan, l'assaut imputé Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM) affilié à al-Qaïda, a surpris du fait de son ampleur estimée à pas moins 100 militaires maliens tués, ainsi que de nombreux soldats faits prisonniers, il ne faudrait pas occulter dans ce passif le plus lourd depuis le début du conflit, de nombreuses questions liées à la gouvernance de l'armée malienne.
Le moment choisi pour infliger à l'armée malienne ce lourd revers à Dioura et dans le centre du pays sur une base de drones interroge. Il serait difficile de déconnecter cette opération de l'approche de la fête de l'indépendance du Mali le 22 Septembre, qui fort en symbole eu égard au rôle que l'armée y joue. C'est faut-il le rappeler, la fête de l'armée, des anciens combattants et de la jeunesse. Choisir ce moment pour étaler la vulnérabilité de l'armée de cette manière n'est ni plus ni moins qu'une volonté de saper le moral des troupes et créer la psychose.
De ce point de vue la présentation des militaires faits prisonniers et leurs témoignage, participe de cet exercice de communication, qui entre dans le rituel des Djihadistes. Toutefois, il ne faut pas le nier, l'armée malienne avait tenté d'enrailler l'usage des drones qui fait partie du modus operandi djihadiste dès janvier 2026 par un décret visant à réglementer l'usage de drones à des fins civiles. Cette réponse sécuritaire a –t-elle servi ? rien n'est moins sûr, car la nouvelle attaque a ciblé la base de drones de l'armée malienne au centre du pays.
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A y regarder de plus près, on ne peut manquer de faire une petite comparaison, certes osée, avec le Burkina Faso autre pays de l'AES, pour relever « le retard » accusé dans l'équipement des troupes ; et sous cet angle convoquer la fameuse affaire Paramount Ambraer, relative à l'achat de l'avion présidentielle et des équipements militaires qui s'est révélé comme un énorme scandale financier du régime du Président IBK, dont le procès entamé depuis 2015 est toujours en cours, les principaux suspects étant en fuite.
Si vous y ajouter que la mobilisation et l'intervention des troupes de l'AES ne peut se faire encore à l'intérieur des territoires des états membres, il y a fort à parier, que si le régime Malien ne réoriente pas sa stratégie pour s'aligner, comme le fait le Burkina Faso dans une logique d'endogènéisation de sa production d'équipements militaires, il ne pourra sortir de ce bourbier.
Les djihadistes le savent bien, la capacité logistique des FAMA est très limitée par rapport à l'immense territoire du pays, les nouvelles attaques viennent le démontrer par le caractère hautement synchronisé pour déjouer tous les plans de l'armée malienne.
L'attaque de la résidence du ministre de la Défense, qui avait entraîné le décès du Général Sadio Camara le 25 avril dernier, n'était-elle pas un avant-goût de ce qui est en train d'arriver ?